‹ Œuvres. Éd. seule compléte, ornée de seize gravures et du portrait de l'auteurChapitre 18 sur 102 · FAITE PAR LUI-MÊME · texte numérisé non relu

FAITE PAR LUI-MÊME

Cii-GÎT un chevalier qui sans cesse courut ;

Qui sur les grands chemins naquit, vécut, mourut,

Pour prouver ce qu'a dit le sage,

Que notre vie est un vojage.

RÉPONSE A M. DE GHm

QUI AVAIT REPROCHÉ A L AUTEUR, AU NOM DE QUELQUES DAMES, DE N'AVOIR JAMAIS AIMÉ.

Je le connais trop bien ce dangereux amour; Dès mes plus jeunes ans il reçut mon hommage ; Il n'est le plus souvent que l'ouvrage d'un jour, Mais un jour ne peut pas détruire son ouvrage.

J'ai goûté ses douceurs et j'ai senti ses coups; Je sais qu'il se nourrit de plaisirs et de larmes.

Vous ne connaissez que ses charmes ;

Ah ! je le connais mieux que vous.

Las des mépris, des inconstances, Dont furent pavés tous mes soins, Je cherchai d'autres jouissances, Moins pures j il est vrai, mais qui me coûtaient moins.

J'eus recours, je l'avoue, à ces beautés faciles Qui veulent de l'argent , et non pas des soupirs : Elles ont essuyé, courtisanes habiles, Les larmes de l'amour par la main des plaisirs.

A l'amant qui leur plaît ces belles, Pour n'en point violer, ne font pas de sermens: Que de femmes, hélas ! devraient faire comme elles ,

Pour ne point tromper leurs amans.

Voilà les vingt beautés que j'ai si bien trahies, Et qui me l'ont si bien rendu ; Voilà les Iris, les Silvies,

Au nom de qui, Cb... , vous m'avez répondu.

Soyez leur chevalier ; elles doivent vous rendre

Bien des faveurs pour ce bienfait ; Mais elles trouveront que vous auriez mieux fait De les bien attaquer que de mal les défendre.

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