‹ Œuvres. Éd. seule compléte, ornée de seize gravures et du portrait de l'auteurChapitre 27 sur 102 · MÈRE DU DUC RÉGNANT · texte numérisé non relu

MÈRE DU DUC RÉGNANT

Air : Je suis Lindor, etc.

vje jour vit naître une sœur qui m'est chère: Célébrez-la , chantez-la tous en cœur ; Que vos accens parlent du fond du cœur, Pour mieux vous mettre à l'unisson d'un frère,

Si l'amitié me tenait lieu de verve ,

Je tenterais quelque chose de plus,

Et de beaux vers, brillans de ses vertus ,

Mettraient ma sœur au-dessus de Minerve.

Au sentiment Minerve inaccessible Fit préférer son esprit à son cœur ; En raisonnant tout aussi bien , ma sœur, A la raison sut joindre un cœur sensible.

Minerve n'eut que son père pour mère, Et le traita parfois avec humeur, Ma sœur encor sent tressaillir son cœur Aux noms si doux d'une mère et d'un père.

Dans sa sagesse et trop froide et trop fière,

Minerve a fui l'hymen avec dédain;

De sa sagesse il ne nous reste rien ;

Ma sœur fut sage , et , qui plus est , fut mère.

Minerve prit d'Ulysse un soin extrême ; Mais son héros fut moins brave que fin ; Ma sœur a mieux réussi dans le sien : * On est plus sûr de ce qu'on fait soi-même.

Ah ! remplissez notre arne tout entière; Heureux accords, fraternels sentimens!

Doux souvenirs du matin de nos ans, Charmez la sœur pour mieux charmer le frère.

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