DE L'ODE D'HORACE
Rectiàs vives, Licinî.
ILntre les deux excès la raison cherche un point; Le nocher craint l'écuèil aussi-bien que l'orage. Sans risque en pleine mer on ne s'élève point, Et sans risque on ne peut s'approcher du rivage.
Heureux qui sait priser la médiocrité , Et qui , du seul vrai bien satisfait pour la vie, Loin à la fois du faste et de la pauvreté , N'excitera jamais la pitié ni l'envie!
Le vent aime à briser le chêne audacieux ; C'est au sommet des monts que frappe le tonnerre Et ces superbes tours qui menacent les cieux Avec plus de fracas s'écrouleront sur terre.
Le sage , qui prévoit le retour du destin , Espère aux jours de deuil , et tremble aux jours de fête, Il sait que rien n'est stable, et que la même main Forme et dissipe la tempête.
ioo ŒUVRES
Souvent les dons du ciel suivent de près ses coups : A qui pleure aujourd'hui demain il peut sourire. Phébus laisse aux neuf Sœurs enchaîner son courroux, Et détendre son arc pour remonter, sa Ivre.
Montre donc un front calme au sort trop rigoureux ; Pour qui souffre avec force il se rend plus traitable : Mais, devenu prudent en devenant heureux, Songe à te défier d'un vent trop favorable.