IMITATION
d'un morceau de claudien.
Heureux qui, dans son champ demeurant à l'écart , Sans crainte , sans désirs , sans éclat 3 sans envie , Dans l'uniformité passa toute sa vie , Et que le même toit vit enfant et vieillard !
Jadis il a bondi sur ce même rivage
Où son corps épuisé se repose aujourd'hui j
Il folâtrait dans son jeune âge , Sur ce même bâton qui devient son appui.
Non loin de sa demeure est une forêt sombre , Dont avec sa jeunesse il vit croître le plant $ Et ce chêne touffu qui lui prête son ombre Dans ses jeunes mains fut un gland.
A son char vagabond la Fortune légère
Ne le tint jamais enchaîné : De climats en climats il ne s'est point traîné Pour chercher le bonheur et trouver la misère.
Son verger pour sa table offre d'assez bon fruit ; Il trouve assez de goût à l'eau de sa fontaine ;
Et même à la ville prochaine La curiosité ne l'a jamais conduit.
to2 OEUVRES
L'ouvrage et le repos remplissent ses journées ;
De l'histoire de Rome il ne s'informe pas 5
Et, pour supputer les années , Il compte les moissons , et non les consulats.
Par les tributs divers que la saison lui donne , Sans le secours d'un livre , il divise les ans ; Aux fleurs il connaît le printemps , Et les fruits lui marquent l'automne.
TRADUCTION
DE I/AUTHOLOGIE.
D'une blanche teinture Iris en vain se teint , Elle perd à la fois sa teinture et son teint.
AUTRE
V énus frappait l'Amour ; je demandai pourquoi. — -Il a perdu ses traits , dit Vénus en colère, — Ces traits , dis-je à l'Amour, qui les a pris ? — Glvcère. —Gomment ? —Elle m'a dit : Amour, donne-les moi ; Et j'ai eru les rendre à ma mère.