V. 1287, — Ave sahis, Hhi dcciis
— « Salut ! salut d'or, à toi l'honneur ! (à toi des culs.) Plaisanterie équivoque que Coquillart reprendra après Villon :
Les escuz font battre les culz ;
Monologue des Perruques {Œuvres), t. II, p. ays. — Le salut d'or avait été frappé en France, sous Henri "V, et représentait sur l'une de ses faces la Salutation angélique. Cf. Du Cange s. v. salus et salut, monela, salucius et salut ia. Villon avait dû entendre chanter au « moustier » cette hymne à la Vierge, et qui commence ainsi :
Ave, mundi gloria, Virgo mater Maria, Ave, benignissima, Ave, plena gratia, Ave, praeclarissima, Ave, decus virginum, Ave, sa! us hominum...
Les mots soulignés, qui prêtent à l'équivoque, auront frappé Villon qui voyait tout de suite le côté plaisant d'une situation, et il les parodie assez irrespectueusement. L'h\mne en question a été publiée par Antoine de Balinghem : Parnassus Mariantis, seii flos hymnorutn et rhythmoruui de 55'» Viri^ine Maria (Douai, 1624, in-12), p. 227, et plusieurs fois depuis. — Sur les sources, cf. Ulysse Chevalier, Repertorimn hyvmologicum (Louvain, 1892, in-8°), t. I, p. 116, n° 1971. — L'équivoque avait déjà été faite par Deschamps, t. VIII, p. 96, v. 10 ; de même, p. 187, V. 10 « salutcm cl nunmios ».