‹ Œuvres. Édition critique avec notices et glossaireChapitre 132 sur 269 · V. 1825. — Pour soy désennuyer ; combien · texte numérisé non relu

V. 1825. — Pour soy désennuyer ; combien

Villon s'est certainement rappelé ici un passage de Pierre de Nesson (mort en 1422) dans son Lay de Guerre :

Et après que Guerre ot fait son cry, J'en retins ce que je peux et l'escry Pour l'envoyer au boa duc de Bourbon Chevalereux, affin qu'en sa prison D'où je ne puis aultrement luy aidier, Je le peùsse ung peu desannuyer.

Fr. 1727, fol. 188 vo.

V. 1827. — De bien chanter s^ennuyeoii bien. L'on dit que biaus chanter anuie.

Rustebeuf, p. 205.

Car biau chanter sovent ennuie.

Roman de la Rose, t. III, p. 280, v. 20865. Et dist l'en : beau chanter ennuyé.

Complainte sur Hugues Aubriot, lat. 4641 B, fol, 150^, et Le Roux de Lincy, Recueil de chants historiques franc., t, I, p. 260. Cf. Du Cangc s. V. Kyrie eleyson. — L'ironie de ce huitain est d'autant plus cruelle que Villon le termine sournoisement par une variante du proverbe (il

en existe plusieurs) qui figure dans la complainte d'Hugues Aubriot, le fameux prévôt de Paris sous Charles V, alors qu'à la mort de ce roi, il avait été jeté en prison. Personne, au temps de Villon, surtout dans le monde des étudiants, ne pouvait s'y méprendre ; et le persiflage haineux de notre poète est d'autant plus blâmable — res sacra miser — qu'il s'attaquait à l'une des plus belles figures fi-ançaises du xv^ siècle, à un" chevalier de tous points accomplis, et qui attend encore son historien. (On doit toutefois citer les études substantielles de M. Pierre Bernus. Du rôh politique de Pierre de Brec^é au cours des dix dernières années du règne de Charles VII, dans la Bibl. de F École des Chartes, t. LXIX (1908), p. 303 et suiv. ; Louis XI et Pierre de Bre\é {1440-146J), dans la Revue de VAnjou, t. LXIII (1911), p. 241-289, 355-371.

Le bon compte de Molevrier Chevalier est de grant renom :

De Bresse c'est son propre nom, Seneschal est de Normandie.

D'onneur il est le droit patron.

Large et hardy comme un lion...

Le Débat du Fiel et du Jeune (éci'it avant le 22 juillet 1461), fr. 1661, fol. iio. — Dans ce dernier ouvrage le Jeune prône l'amour ; le Viel lui expose tous les dangers et toutes les peines qu'il mène avec lui. Ils décident de soumettre le débat à deux arbitres qui se trouvent être Jean d'Estouteville et Pierre de Brézé. Le Jeune choisit pour arbitre

Le maistre des abalestriers

De France, seigneur de Torcy,

Car pour mon juge l'ay choisy...

Le Viel prend Pierre de Brezé :

Et me rapporte du débat

Au bon compte de Molevrier...

CLVIII. — Au Chevalier du guet, Jehan de Harlay, auquel, dans le Lais (169-170) Villon avait « establi » le heaulme, il donne deux grotesques policiers hors d'âge. Comme ils ont très mal servi, en mauvais sujets qu'ils sont, le prévôt des maréchaux, il leur fauldra, s'ils sont cassés aux gages, aller pieds nus, •<■ helas » !

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