V. 1449. — En petii boings de filles amoureuses
Il s'agit des petits bains ayant servi aux ablutions des filles de joie ; sens confirmé par le vers suivant.
V. 1450. — Oui ne m'entent n'a suivy les hordeaulx. — Le vers est une incise.
Si tu es fol et que mal te gouvernes Et suys bourdeaulx, jeux de dés et tavernes. Si t'en meschiet, ne dis pas comme bugle. Que Fortune qui bien voit soit aveugle.
Cy après commence Chaton en françois, îr . 1 165, fol. 102.
« Contre plusieurs gens oyseulx et vaccabonds.. . qui suivent cothidiennement hordeaulx et lieux dissoluz, jeux de dez et tavernes publicques... (17 juillet 1473). » Fr. 5908, fol. i4ov°-i4i. — Dans le
Traité delà fin de Vhomme, composé en 145 1, on lit une description réaliste d'un « bourdeau publique », avec de curieuses indications sur la propagation des maladies vénériennes :
La tierce habitacion Est de tresgrant infection :
Celle est dicte bourdeau publique, Ou mainte meschante s'aplique A mectre son corps a bandon.
F. 1200, fol. 129-130. — Une autre allusion se trouve au fol. 20 n>et vo. Le Grant Cousttimier de France a un chapitre spécial : des hordeaulx: mais le compilateur s'est contenté de rappeler les ordonnances de saint Lx)uis sur les « ribaudes communes ». Fr. 108 16, fol. 156.
Dans cette ballade, Villon a accumulé, pour frire les langues envieuses, tout ce que l'imagination peut concevoir de terrible et d'horrible à la fois. Cette ballade n'est toutefois qu'une variante de celle que Deschamps avait écrite sur les Medisans. En voici le premier dizain :
De couperos, d'alun, de vers de gris.
De sel gemme, de souffre vif saillant. De realgar, d'elbore blanc et bis, De sublimé, d'arsenic undovant.
De salpêtre, de vitreol luisant, D'armoniaque et de bol armenique, Avec foison de chair de basilique, En potage par morselez luysans, Emmi la mer, chascun sur une brique.
Soient ser\-is au disner mesdisans !
(Œuvres, t. X, p. xxxi.) — Cette ballade de Deschamps se ressent elle-même d'un passage du Songe d'Enfer de Raoul de Houdenc que Villon s'était également rappelé comme on peut le constater (il est question du châtiment des mauvais plaideurs) :
D'aus font li qucu un entremes
Tel que parler n'oïstes mes
De nule tel viande a cort ;
Quar c'est uns mes qui pas ne cort...
Quar li queu ont les langues prises
Des pledeors, et tretes fors
Des sueules. et si les ont lors
COMMEKTAIRE ET NOTES 389
Frites el tort qu'il font del droit.
La ont les langues del tort droit Et de lors faussetez mérites Quar ainçois qu'eles soient frites Ne trainees par le feu, Un maistire en font li keu...
Fr. 857, fol. S)"^. Publié par A. Scheler, Trouvères belles (nouv. série) Louvain, 1879: puis par C. Bartsch, La Langue et la littérature franc. (Paris, 1887). col. 246, v. 26 et suiv. — Dans ce dernier pas" sage, il s'agit des langues des mauvais plaideurs ; dans Deschamps, des langues des médisants ; chez Villon, des langues des diffamateurs et des envieux. Quant à cet écrit en vers et en prose intitulé Le Mariyrolooue des faiilses langues de Guillaume Alexis (écrit vers 1475), c'est très certainement, comme le supposent les savants éditeurs du « bon mo}Tie de Lvre », une imitation de la ballade de Villon (T. II, p. 295). La pièce se termine par une ballade dont le refrain est : Cest le miroer des langues decivaHes (p. 351-53). Quelques années plus tard, 01i\-ier Maillard prêchera à Saint- Jean en Grève une suite de sermons sur les pâtés de langues. Cf. Sermones de Adventu (Paris, 151 1, in-8°), fol. 34^ ; et Samouilland, Olivier Maillard (1891), p. 324-328. — A rappeler un remarquable passage du Roman de Faavel (15 10) sur la langue serpentine
Qui de geter venim ne fine.
Édit. Arthur Langsfors (Soc. des anc. Textes fr.. 1914-1919), p. 59, v. 1524.
CXXXII. — \'illon continue à tester. Il « mande » à maître André Couraud, procureur à Paris du roi René, et son 2.xm,Les Conireâi-^ Franc Goniicr. Mais les réflexions attristées qu'il emprunte à VEcdésiasiique donnent à penser que ses démarches pour approcher le roi-poète n'avaient pas réussi, à son gré, ou plutôt trahissent son dépit de n'avoir pu voir le roi qui alors n'était d'ailleurs pas à Angers.
v. 1457. — Item, a maistre AndryCourault.
La \Taie orthographe est ». Couraud » comme il ressort, entre autres preuves, de la quittance suivante, entièrement écrite et signée de sa main : « Je André Couraud, conseiller du Roy nostre Sire sur le fait de la justice de son trésor, confesse avoir reçu de maistre Giles Cornu,
350 PSAXiÇOIS VÏÎXOX
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