SOMMAIRES
— Mes-accord entre les Docteurs médecins excusé. — Diversité de droicts en la jurisprudence. — Procès à quoy servent.
Matinée III. — Des mains des advocals.
Abus sous le voile de médecine. — Punition d'un juge inique.
— Advocats sans mains. — La main fort nécessaire. — S. Yves ne prenoit rien et pourquoy. — La justice n'est routuriere, encores que les justiciers soient recogneus. — Gentils-hommes traffiquent.
— Loy Cincie. — La justice ne doit estre gratuite, encores qu'elle soit pour faire plaisir à autruy. — Le juge doit fuir l'avarice et corruption. — Advocats ne doivent se laisser commander par l'argent. — Advocats représentez par les Harpyes. — Médecins Harpyes.
Matinée IV. — Des chastrez.
Préambule sur ceste matinée. — Pourquoy on s'entretient plustost des médecins que des légistes. — Contre les empyriques. — Faut retrancher la partie malade et intéressée. — Défendu de chastrer — Pourquoy est défendu de chastrer. — Chastrez pourquoy grisonnent. — Chastrez pourquoy n'ont barbe. — Pourquoy la puberté des filles est plus tost que celle des fils. — Pourquoy les chastrez tortillent les jambes. — Pourquoy les chastrez ont la voix gresle. — Dangereux de tendre aux femmes. — On ne doit se moquer des chastrez. — Chastrez donnent plaisir aux femmes. — Conte gentil d'un chastrez auquel on fit acroire qu'il estoit père.
— A sçavoir si les chastrez peuvent estre mariez. — Chastrez receus en quelles dignitez. — Des testamens des chastrez.
Matinée V. — Des laides et belles femmes.
Pourquoy la louve choisit le plus laid. — Beauté de la femme.
— Beauté comment elle doit estre considérée. — Beauté plus excellente que la laideur. — Laids hommes excellens. — Laideur mesprisée. — Laideur de Vulcan allegorisée. — On doit tendre aux belles pour avoir belle engeance. — Enfans quelquesfois ne ressemblent ny à père ny à mère. — Celuy qui a belle femme n'est tant sujet à adultérer que le mary de la laide. — Le mariage doit estre accompaigné de plaisir. — Trois degrez en amour. — Belles femmes recerchées. — S'il y a plus de plaisir à une belle qu'à une
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laide. — Beauté de tres-dangereuse garde. — Beauté attire de grans maus. — Beauté suivie de jalousie. — Laides se jouent aussi bien que les belles. — Belles fieres et orgueilleuses. — Beauté desbauche de l'estude. — Beauté abbrege les jours du mary.
Matinée VI. — De la jalousie du mary el de la femme.
Femmes qui sont fort prodigues de leur pudicité. — Jalousie pousse ? terribles sursaillies. — Qui a plus d'occasion d'estre jaloux, ou le mary ou !a femme? — Femmes qui ont porté patiemment la conjonction de leurs maris avec d'autres. — Remèdes contre la jalousie.
Matinée VII. • — De l'inégalité de l'aage des mariez.
Contre les astrologues judiciaires. — L'alliance du vieillard avec la jeune, contre nature. — Exemples de aucuns excel'ens personnages qui se sont mariez estans sur l'aage. — Pourquoy Ciceron répudia Terentia. — Vieillards peuvent estre pères. — Venus accouplée à Anchises. — • Le vieillard marié avec une jeune, misérable. — Jalousie logée avec les vieillards maris de jeunes femmes.
— Infertilité n'empesche le mariage. — Le mariage tend à lignée.
— Jeunes filles données aux vieillards pour les eschaufîer. — A sçavoir si un jeune homme doit tendre à une vieille. — Des vefves. — Le jeune mary ne peut honorer sa femme vieille.
Matinée VIII. — Des letlrez et guerriers.
Nym.phes que c'estoient. — Gens lettrez peuvent entretenir les damoiselles de honestes et gentils discours. — Langage des gens de guerre et d'estude en quoy différent. — Gens lettrez propres à commander. — Si une femme doit estre batue. — Conte gaillard du muletier. — Les maris souvent se treuvent mal de battre leurs femmes. — Venus aiant attaché au pied une tortue. — Gens lettrez font les maisons grandes. — Gens lettrez melancholiques et ne se plaisent aux femmes. — Gens de plume suspects de brouiller et chicquaner. — Guerriers peuvent acquérir des richesses. — Du butin de la guerre. — Pauvre soûlas d'une femme d'un guerrier.
Matinée IV. — De la trefve conjugale.
La rétention fort dangereuse. — Que la trefve conjugale est raisonnable. — L'excez en la conjonction maritale est aussi bien à
SOMMAIRES DES ?.I AT 1 N t E S.
reprendre que la paillardise. — Ne nous est permis de nous accointer de nos femmes pendant les defluxions lunaires, — Maux et incommoditez que nous recevons pour toucher aux femmes durant leurs defluxions. — Malignité des decoulemens lunaires. — On ne doit toucher à sa femme pendant qu'elle est nourrice. — La trefve conjugale pendant que la femme encharge. — Durant la gesine de la femme, le mar^ doit faire trefves. — ■ Lors que le mary ou la femme ont pinte, la trefve leur est enjointe.
Page 6, ligne 19. — Cambré veut dire voûté. Cholières paraît l'employer ici dans le sens de placé sous une voûte, c'est-à-dire prot,égé; ou bien pour chambré, rassemblé dans la même chambre.
P. II. — An nova sedas gcnio. Ces mots latins paraissent devoir renfermer, en anagramme, les noms de l'auteur du sonnet.
P. 14, I. 3. — Kedidt au petit pied, réduit à la dernière extrémité, très gêné, très embarrassé, très abattu. On dit aujourd'hui : être dans ses petits souliers.
— 1. 19. — En plein printemps poster sans comn^ission au lendemain de la Toussaint^ proverbe analogue à celui-ci : Renvoyer les choses aux calendes grecques.
P. 18, 1. 8. — Chercher midi à onze heures nous paraît une locution bien plus juste que le proverbe actuel, qui dit midi à quatorze heures, puisque quatorze heures ne se trouve pas sur le cadran ; mais peut-être aussi le proverbe actuel a-t-il son origine dans la coutume italienne de compter les heures non d'après leur chiffre sur le cadran, mais bien d'après leur ordre numérique
dans les vingt- quatre heures. Ainsi, quatorze heures équivaut à deux heures de l'après-midi.
P. 23, 1. 5. — // parle bien à vos barrettes : il vous parle directement, sans vous ménager. La barrette étant le bonnet de docteur, on peut dire que c'est le docteur lui-même. « Il parle bien à vos sapiences, à vos révérences. »
P. 24, 1. 3. — La contrée des Dardes. Cholières traduit ainsi le nom des Dardaniens, Dardani, peuples de la Dardanie, en Asie Mineure.
P. 28, 1. i5. — Donneriez attache à tel qui n'a pas envie d'être nommé; c'est-à-dire : vous feriez une personnalité, vous désigneriez quelqu'un défavorablement.
P. 39, 1. 14. — De nostron pays. Nostron pour notre, en patois bourguignon?
— I, 2 5. — Ceux qui ont trop secoué le pochet sont probablement ceux qui ont abusé de l'acte vénérien.
— 1. 26. — Toutesfois coust€j mais qu'il vaille, c'està-dire : Ça coûte, mais si ça vaut le prix!
P. 40, 1. 25. — Gravier de Gith (?). Le gîte est la meule de moulin qui demeure immobile sous la meule tournante et broyante; par conséquent, les deux meules doivent produire un gravier ou poussière calcaire dont ou pouvait faire une pâte.
P. 42, 1. 6. — Ces gens delà l'eau. On disait aussi, dans le même sens, les gens de par deçà, c'est-à-dire les gens d'un autre bord, d'une autre paroisse.
P. 46, 1. 27. — Vous les feerez, c''est-à-dire : vous les rendrez fées, vous en ferez des talismans.
P. 47, I. 19. — Argumens de neige, arguments sans consistance, fondants comme de la neige.
P. 5i, 1. 10. — Au général de l'univers, dans l'ensemble de l'univers.
P. 52,1. 24. — Ces âmes des-esmécs de faim, Des-esniées semble signifier : dénuées, déshabituées.
P. 53, 1. i8. — Estendriez bien le parchemin, expression proverbiale signifiant : vous auriez beau allonger votre rôlet, en écrire ou dire plus qu'il ne faut.
P. 6i, 1. 3. — Se débattre de la chape à l'evesque est un proverbe qui signifie se disputer pour des choses qui ne vous regardent pas et qu'on ne peut obtenir. Suivant Littré, la chape à l'evesque serait une formule populaire pour : la chape de l'évêque. Peut-être y aurait-il une autre explication à donner. La chape étant sur l'évêque, il y a peu d'espace entre elle et lui : ce serait donc se débattre dans un espace fort étroit et où l'on ne peut remuer, se débattre inutilement.
P. 63, I. 4. — Le droit et la justice ne consistent pas par opinion, c'est-à-dire : ne sont pas établis par l'opinion des individus, mais dérivent de la nature.
P. 65, 1. 18. — Tige a été masculin au XVI" siècle, malgré son étymologie féminine [tibia, jambe^.
P. 6 y, 1. 24. — Mettre le plus beau devers la ville, ne montrer au public que le beau côté.
P. 68, 1. I. — Je vous touche au blanc, c'est-à-dire : je vous touche juste, le blanc marquant le point où l'on vise.
P. 70, 1. I. — latrique est ici le corps des médecins, la Faculté de médecine.
— 1. i3. — Decipé (déçois) est un jeu de mots faisant allusion au nom de recipé (reçois) qu'on donnait aux ordonnances de médecins. Un decipé est donc une ordonnance sans valeur.
• — • I. 23. — Marrans, ou Maranes, Mores d'Espagne.
— • 1. 2 5. — La belle fine, ou la plus fine, s'emploie encore, dans le langage comique, pour la matière fécale bien travaillée.
P. 73, 1. 12. — Seriez bons à faire gelce, c'est-à-dire, en jeu de mots : vous prendriez comme prend la gelée de viande, en refroidissant.
P. 70, 1. 16. — Le blanc était une monnaie. Le grand blanc valait treize deniers. On donnait donc deux grands blancs, ou vingt-six deniers, aux mendiants qui venaient porter des torches aux enterrements.
— 1. 2 5. — Parce qu'on ne iestonne point. Testonner, c'est mettre l'argent hors de la poche, dépenser, distribuer des testons, monnaie d'argent de différentes valeurs, portant la tête ou l'effigie du souverain. Le teston eut cours depuis Louis XII jusqu'à Henri III. Il resta depuis dans la langue proverbiale.
P. 77, 1. 18. — Qu'on ne vous donne touche sur la garbe, qu'on ne vous frappe au visage. Garbe, de l'espagnol garbo, est le même mot que galbe, et il a été féminin. Il se disait de l'air, de la physionomie, du vi-
sage.
— 1. 21. — Qui ne tire au rcgnart, qui n'ait envie de vomir. On connaît l'expression populaire piquer un renard; écorchcr le renard, dans Rabelais.
P. 81, 1. 2. — Ce bon Allemand n'est autre que le docte Henri-Corneille-Agrippa de Nettesheim , l'auteur du fameux traité De Incertitudine et vanitate scieniiarum. Il mourut en i53 5.
— 1. 7. — Quelques rivets de pratique; au figuré, enclouure, ferrements de métier ou d'école.
î — I. 14. — Nous tiennent en telle verdure, allusion au proverbe : Je vous prends sans vert, c'est-à-dire : nous tiennent sur nos gardes.
P. 83, 1. 5. — Vous en rendra sage, pour savant, c'est-à-dire : vous l'apprendra.
P. 85, 1. 20. — Encores mieux à bonne qu'à maie. Ce doit être un jeu de mots pour : encore mieux à bien qu''à mal.
— 1. dern. — Luy donnera la gambe en grue. La grue, comme tous les échassiers, a la jambe toujours demi=ployée. — Avoir la jambe en grue signifierait
avancer la jambe timidement et cérémonieusement , comme une grue qui a peur de poser le pied par terre.
P. -90, 1. 8. — Combien de testamens font-Us faire à i'escarn^ouche, c'est-à-dire : en disputant le terrain, en attaquant à l'improviste, en bataillant sur toutes les faces de la question.
P. 92, 1. I. — Allusion aux poésies faites sur la main d'Etienne Pasquier, aux Grands Jours de Poitiers. — Voyez le recueil de ces poésies, intitulé : la Main, dans le volume de la Jeunesse d'Estienne Pasquier et sa suite (^Paris, Petit-Pas, 1610, pet. in-8°]. Ce recueil avait paru séparément, in-4*', en 1584.
P. 93, 1. i3. Que vos mains fredonnent à la harpe. Allusion à la courbure que prennent les doigts aussi bien pour jouer de la harpe que pour prendre de l'argent.
— 1. 17. — Que friponniez en galoche, c'est-à-dire : que vous couriez le guilledou, les aventures, hors de chez vous.
P. 95, 1. I. — Bons à faire gelée, c'est-à-dire : à, prendre.
— 1. 2. — Jeu de mots sur le verbe prendre, qui est à la fois verbe actif et verbe neutre.
— 1, 4. — Ils en ont de belles; devinez, nos brebis; proverbe signifiant : la belle affaire ! pauvres moutons, que vous êtes bons à tondre!
— 1. 17. — Bcsoignez merveilleux, ouvrages merveilleux. Besoignez doit être le pluriel 0*1 du substantif besoigne, ou du participe passé besoigné.
P. 96, 1. 12. — Faire des danioisels, faire les jeunes gens, les galants.
P. 97, 1. 3. — Les assises extraordinaires du Parlement de Paris, dites les Grands Jours, se tenaient alors dans la ville de Troyes.
— 1. 4. — Pisser contre le soleil, otTenser ses amis, ses protecteurs.
p. 101, 1. 12. — Se moquer de la mal mariée. On dit proverbialement, dans le même sens : se moquer de la barbouillée.
— 1. 22. — A la philosophique^ au point de vue philosophique.
— 1. 26. — Appert, pour : il appert, il est évident.
P. 104, 1. 3. — Dépuceler une nourrice, locution proverbiale analogue à celle d'enfoncer une porte ouverte.
P. ii5, 1. 18. — Cache-museau, synonyme de masque.
P. 116, 1. 18. — Rangez au petit pied. — Voy. p. 14, 1, 3, l'expression figurée : réduit au petit pied.
P. 121,1. 2. — Les (estes de S. Pansart, etc., c'est la semaine grasse du carnaval.
— 1. i5. — Le jeu du trou-madame est pris ici dans un sens licencieux qui n'a aucun rapport avec sa signification véritable.
— 1. 22. — Qui ne m'entend, je m'entens : si l'on ne me comprend pas, je me comprends. Qui équivaut au si quis latin.
P. 123, 1. 5. — Distinguo par gluc en clop, jeu de mots sur les termes de la dialectique et de la scolastique.
P. 128, 1. 8. — Lerécipé est une ordonnance médicale commençant par ce mot latin, qui signifiait : Prenez. L'auteur, faisant ici un jeu de mots, change récipé en décipe, qui veut dire tromperie.
— 1. 10. — On nous laisse tramper : on nous laisse en plan, on nous abandonne, comme une chose qu'on a mise à tremper.
P. i3i, 1. 5. — Donner un canard à moitié signifie : mentir, en faire accroire.
P. 134, 1. 12-14. — Vous estes en quartier doit vouloir dire : vous voilà mis à part, en dehors de la question. — Les pigeons dont il s'agit ici ne sont-ils pas les
DES MATINÉES SSy
malades plumés par les médecins? — Ce mot était aussi, au figuré, synonyme de prisonnier.
P. i3y, 1. 19. — Les drôles sont ostés du bissac : allusion au double sac des testicules.
P. i38, 1. 9. — Que je me mette en rue veut dire : que je descende dans la rue, que j'entre dans la discussion.
P. 148, 1. 4. — Pose icy, c'est-à-dire : un temps d'arrêt; un moment, s'il vous plaît.
P. 152,1.27. — Au lieu de : « et en une année, etc. », nous pensons qu'il faudrait lire : « a en une année, etc. »
P. i53, 1. 8. — Trois fois quinze, etc., c'est-à-dire : avoir passé par les piques trois fois par année, pendant quinze ans, cela fait quarante-cinq véroles.
P. i54, 1. 5. — On comprend facilement qui est cet aveugle, qu'il faudrait plutôt appeler le borgne, puisqu'il n'a qu'un œil.
P. iSy, 1. 16. — De la parenté des en fans de Zebedée. Les enfants de Zébédée sont les apôtres saint Jean et saint Jacques.
P. i58, 1. 2. — Enfournez en la grotiesque. On comprend le sens que peut avoir ici grottesque, qui est un diminutif fantaisiste de grotte.
— 1. 3. — Marmoterics de la Célestine. Les grimaces de la Célestine, en laquelle est traicté des déceptions des serviteurs envers leurs maistres et des macquerelles envers les anioureux , translaté d'italien en françois (Paris, Galliot du Pré, 1527, in-8°). L'original espagnol est intitulé : Tragi-comedia de Calisto y Melibea. L'auteur de cette pièce dramatique serait, selon les uns, Juan de Mena; selon les autres, Rodrigo Cota,
P. 161,1. i3. — Dc^aujc de cœur veut dire ici : défaillance de cœur, maux de cœur.
P. 162, 1. 12. — Les troignes et les putes car es , les grimaces et les mines putassières,
p. lyy, 1. 10. — Vous en devisez en Phormion. Dans les comédies de Térence, Phormion est le moraliste et l'ergoteur de sagesse.
P. i86, 1. lo. — On met tousjours le plus beau devers la ville : comme on expose sur la rue la façade d'un bâtiment, on étale en public tout ce dont on veut se faire honneur.
P. 193, 1. i3. — La dadée caramaresque, c'est-àdire : le type de la physionomie moresque.
— 1. 16. — Emprunter un pain sur la fournée se dit, au figuré, de la femme qui s'est livrée à un autre que son mari, et surtout de celle qui n'a pas eu la patience d'attendre le mariage.
P. 207, 1. 23. — En venir des paroles au fouet, jeu de mots : fouet pour fait.
P. 208, 1. 22. — Avoir vécu le nez pendu en une bouteille, avoir vécu sans rien apprendre; expression proverbiale analogue à celle-ci, encore usitée dans le langage familier : « n'avoir rien vu que par le trou d'une bouteille », ne rien connaître.
P. 209, 1. 14. — Hasard sur les ballets, expression proverbiale signifiant : à l'aventure, parce que dans les ballets de cour chaque danseur ou acteur remplissait son rôle à sa guise, avec plus ou moins d'à-propos.
P. 212, 1. 6. — Le Plaudite (applaudissez), c'est la fin de la pièce, le moment où, la pièce terminée, l'auteur engage les spectateurs à applaudir, comme dans les comédies latines.
P. 218, 1. 3. — Les confrères de la Lune, les cocus, sans doute à cause des deux cornes du croissant de la lune.
P. 221, 1. 22. — Prester aquo. C'est sans doute une expression de droit romain, un genre de prêt, peut-être ex xquo, prêter sur le pied d'égalité, au même titre,
P. 222, I. 23. — Sébastien Munster, célèbre cosmo-
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graphe allemand (1489-1 552 ), auteur de la fameuse Cosmographia universalis, traduite en différentes langues.
P. 224, 1. 9. — Celuy qui est soupçonné de planter le may n'est sujet à l'amende. Cette expression, planter le may, a bien l'air d'être ici une métaphore licencieuse.
P. 2 2 5, 1. II. — A un bon entendeur ne faut que trois oublies. Les oublieux, ou vendeurs d'oubliés, criaient tous les soirs leur marchandise. Est-ce à dire que l'acheteur ne demandait, pour un liard ou pour un sol, que trois oublies, qui n'étaient autres que ces cornets de pâte légère qu'on nomme maintenant plaisirs!' Faut-il voir un jeu de mots dans cette phrase proverbiale?
P. 280, 1. 19. — Attenter sur ses marches, sur ses frontières, vouloir entrer sur son terrain.
P. 235, 1. 12. — Vouloir rompre l'anguille au genouil, c'est vouloir une chose impossible (proverbe rabelaisien).
P. 2 36, 1. 2 5. — Cholières ne paraît pas avoir connu les cygnes noirs, qui sont très communs. Quant au corbeau blanc, nous l'avons changé en merle blanc. On a cru d'ailleurs, autrefois, que le corbeau blanchissait en devenant centenaire.
P. 239, 1. 18. — L'héberge de ses principaux cortaux, l'écurie de ses meilleurs chevaux de selle. Il faut soupçonner ici une métaphore licencieuse. L'héberge peut être aussi synonyme d'herbage, où l'on mettait au vert les chevaux.
P. 246, 1. 24. — Le docteur Bulgare. Est-ce Belisario Bulgarini, docteur de Sienne, contemporain de Cholières, ou Bulgarus de Bulgariis, jurisconsulte célèbre de Bologne au XII* siècle, connu par ses ouvrages de jurisprudence civile et canonique ?
P. 25o, 1. 17. — Les vieillards ne nous servent que d'entrape pour en detraper le monde. Le sens de détraper étant dégager, entrape doit être synonyme d'embarras.
P. 270, 1. 21. — Il se trouve de S. pris. C'est sans
doute un jeu de mots sur le nom de saint Prix, pour dire qu'en l'ayant pour patron on se trouvait pris.
P. 281, 1. 10. — Qu'on n'ait rué des pommes à mademoiselle Francine. C'est peut-être une allusion aux amours des gens de Normandie, qui jetaient des pommes à une fille pour préparer les approches.
P. 286, 1. 3. — Bouconner est-il là pour bouchonner, chiffonner, froisser, ou bien a-t-il le sens de a donner des cornes », par allusion aux cornes de bouc? — Bouconner veut dire aussi empoisonner, donner le boucon (italien).
P. 288, 1. 4. — Hausser le temps a signifié, au figuré, boire beaucoup, comme hausser le coude.
— 1. 22. — Gfu'gner denari, expression composée d'un mot français et d'un mot italien : gagner des deniers, de l'argent.
P. 289, 1. 1 1 , Paix et aise doit vouloir dire : en paix et à son aise.
P. 291, L i6. — Le si' n'est pas ici conditionnel; il est pris dans le sens de pourtant, encore.
P. 295, 1. 7. — L'heur qui leur a dit, c'est-à-dire : qui leur a été favorable. On employait aussi cette expression avec le mot en : a Le sort nous en dit. »
— 1. 17. — Plus que vous ne couchez, c'est-à-dire : plus que vous ne mettez comme enjeu, plus que vous ne voulez gagner, que vous ne demandez.
P. 297, 1.23. — Que la paesle ne se moque du fourgon, expression proverbiale qui veut dire que deux personnes qui se valent (comme la pelle et le fourgon pour faire le feu) ne doivent pas se moquer l'une de l'autre.
P. 299, 1. 10. — En vostre drapeau y avez empraint une escrevisse. N'est-ce pas une écrevisse cuite et rouge, indiquant qu''une femme a ses mois? Est-ce une écrevisse qui annonce que le porte-enseigne recule au lieu d'avancer ?
P. 3o8, 1. 18. — Balisscmens doit être ici pour balayages, nettoyages, purifications.
P. 3 12, 1. 7. — Le fol jamais ne croid s'il ne reçoit, expression proverbiale qui équivaut à celle-ci : frapper fort, pour faire entendre raison à un fou.
P. 3 17, 1. 27. — Je me grusoie de six ou sept jours. Grusoier signifie faire du grus, laisser cailler le lait.
P. 319, 1. 18. — Mathieu des Degrez, Giovanni Matheo Ferrari, médecin de la Faculté de Padoue au XV® siècle. Il avait pris le nom latin de Joannes Mathxus de Gradibus, parce qu'il était né au château de Grado, dans le Frioul.
P. 320, 1. 21. — Le concile Elibertan. Il faut lire certainement Eliberran (Eliberranus) , au lieu d'Elibertan. C'est le nom latin de la petite ville d'Elne, dans les Pyrénées-Orientales, où se sont tenus plusieurs conciles, du X« au XIF siècle.
P. 32 2, 1. 8. — Caramara. C'est un mot plaisant forgé à l'italienne, dans lequel on trouve cara, chère ou visage, et amara, amère, maussade. Caramara ne serait donc que la nature de ces Égyptiennes. — Il y a ici une faute d'impression, par le fait d'une lettre tombée au tirage : corriger e par et.
— 1. 26. — Plier le coude, c'est boire. Nous disons aujourd'hui : « lever (ou hausser) le coude ». L'ancienne expression est plus juste : on peut boire sans lever le coude, mais non sans le plier.
TABLE DES MATINEES
Pages
Notice sur le seigneur de Cholières, par Paul Lacroix. . i
Index xxvii
Glossaire xxxiv
LES NEUF MATINÉES du seigneur de Cholières. Paris, Jean
Richer, i585 i
A Monseigneur Louys de la Chambre 3
Sonnet de l'auteur 8
Sonnets adressés à l'auteur 9
Advertissement de l'auteur au liseur I 3
Matinée première. De l'Or et du Fer 17