‹ Œuvres en prose de André ChénierChapitre 120 sur 121 · NOUVELLES RÉFLEXIONS SUR LES SOCIÉTÉS PATRIOTIQUES · texte numérisé non relu

NOUVELLES RÉFLEXIONS SUR LES SOCIÉTÉS PATRIOTIQUES

Mon frère a répondu, dans le Supplément du Journal de Parût à récrit où j'ai combattu son avis sur les Sociétés des Amis de la constitution. Il est essentiel de bien éclaircir le point qui nous divise; pour établir un peu de méthode dans cette discussion, je poserai d'abord la question ; ensuite j'écarterai de la réponse de mon frère tout ce qui n'a aucun rapport à cette question. J'examinerai s'il a répondu à ce que j'ai dit ; je me défendrai surtout le fiel et l'amertume qui ne sont pas de la logique, qui aigrissent les esprits sans rien prouver ;. je n'oublierai point que je réfute l'opinion d'un frère, en qui j'aurais voulu trouver toujours un compagnon d'armes, et jamais un adversaire.

Après avoir tracé le tableau des malheurs et des troubles de la France ; après avoir affirmé que les Sociétés des Amis de la consti-' tution prolongent les innombrables désordres, mon frère en appelle à la conscience de tous les citoyens; et sans apporter d'autre preuve d'une accusation si étrange qu'un très-petit nombre de faits particuliers, il ajoute avec confiance : qu'à moins d'être un fripon ou un imbécile on doit conclure avec lui que les clubs anéantiront la constitution j et que leur destruction est le seul remède aux maux de la France.

Voici donc les deux propositions de mon frère. Les Sociétés des Amis de la constitution causent tous les maux de la France, donc il faut les détruire : c'est là le fond de la question. Voici maintenant ma réponse. Quant à votre première proposition, vous l'affirmez sans la prouver. Suivant les règles de la justice et de la raison, c'est à l'accusateur à démontrer ce qu'il affirme. En logique rigoureuse, on n'a donc rien k vous répondre sur ce point. De nouvelles assertions ne renforcent point les premières ; des mouvements oratoires, des tableaux pathétiques, ne sont pas des raisonnements ni des preuves; ce sont des choses bonnes en elles-mêmes, mais je les crois au moins inutiles dans une discussion. Tout cela peut séduire des esprits faibles ; tout cela peut suffire à des hommes de parti qui ont

* Cet article parut dans le Moniteur da 19 juin 1792. C'est une réponse à la réplique d'André Chénier, publiée, le 15 et le 16 mai, dans les soixante-neavième et soixante-dixième suppléments du Journal de Paris, Voy. p* 189.

adopté votre opinion avant même qu'elle fût énoncée, mais non pas à des citoyens de bonne foi, qui ne demandent qu'à s'éclairer.

Quant à votre seconde proposition, il est impossible de Tadmettre. D'abord, cela est la conséquence de la première, que vous n'avez point prouvée. En second lieu, le titre I" de la constitution s'oppose formellement à la destruction que vous demandez. Ce titre!" permet aux citoyens de s'assembler paisiblement et sans armeSy de parler et de publier leurs pensées. Mais, dites-vous, la constitution ne permet pas tous les délits qui sont commis par les Sociétés dont nous parlons : de là naît une énumération nouvelle de tous ces prétendus délits. C'est recommencer à donner des assertions pour des preuves ; c'est supposer toujours ce qu'il faut démontrer, et rien n'est moins satisfaisant que cette manière de raisonner.

Sans doute on doit punir le citoyen qui viole la loi. Je me sers de cette expression, parce qu'elle renferme tous les délits possibles. Si donc quelques citoyens, membres des Sociétés dont il s'agit, ont violé la loi, elle doit les punir individuellement, car elle ne connaît que des individus. Mais ces Sociétés sont plus fortes que les lois . c'est encore là une assertion qu'il faudrait prouver ; et comme elle est démentie par l'expérience, je ne puis la regarder que conune une dérision amère. Nous avons vu, nous voyons chaque jour traduire devant les tribunaux des membres de ces Sociétés, dont quelques-uns même sont fonctionnaires publics. Ces attaques, renouvelées sans cesse, et souvent si mal fondées, peuvent prouver Tacharnement de plusieurs partis contre les Jacobins, mais non la prétendue dictature de ces Sociétés patriotiques.

A quoi donc se rapporte l'anecdote curieuse et peu connue du rhéteur qui, blâmant Brutus et Cassius, ces renommées tyrannicides, prétendait qu'ils auraient dû accuser devant un tribunal César, dictateur perpétuel, gouvernant le peuple et le sénat, vainqueur de Pompée et de Caton, et commandant de nombreux guerriers qui n'étaient plus l'armée romaine? Assurément ce rhéteur réfléchissait peu ; mais mon frère a un trop bon esprit pour ne pas sentir que cette anecdote n'est pas heureusement appliquée, et que les Jacobins ne sont pas tout à fait aussi indépendants des lois, aussi inviolables que César.

Néanmoins on n'a point prouvé que les Sociétés des Amis de la constitution causent les troubles de la France. Aucune autorité constituée ne peut détruire ces Sociétés, puisque la constitution les permet. Les membres de Sociétés doivent être punis, quand il$

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ont TÎolé la loi ; Texpi^rîence prouTe que la loi peut les aitc Je trouve, dans la réponse de mon frère, quelques dign qu'il faut écarler. Il accuse plusieurs personnes d*aToir dian^ pinions sur les Sociétés que je défends : ces personnes lui (Iront, si elles le jugent nécessaire et si «lies se croient sul rnent désignées. Il compare les prêtres nommés réfractair prêtres nommés constitutionnels; il nccuse ceux-ci d'être plus intolérants que les premiers. Je ne prendrai point le p des uns ni dea autres, et rien n'est plus étranger à ce dont il Plus loin, il parait se flatter que M. Fox et d*aulres hommes que j*ai cités comme membres des Sociétés patriotiques d'. lerro, adopteraient son avis sur les Jacobins. Il serait parfai odirux, il serait même ridicule de discuter une opinion futni journe donc cette question jusqu'au moment où MM. Fox, Sh Willhcrforce, auront énoncé leur avis sur ce point.

Voyons maintenant si mon frère a répondu à ce que j*ai me reproche d'avoir cité des autorités : d'abord, sans regarc autorité romme un raisonnement, je ne vois point qu'il y a convénient, après une suite de raisonnements solides, k n pour appuyer son opinion, celle des hommes les plus éclairés questions qu'on agite. Il est très-vrai cependant que, dan écrit sur les Sociétés patriotiques, je n*ai cité aucune autoril livement b des opinions. On reprochait aux Jacobins de$ obncureê dam Un AMnemblée» primaires ou éledoralen : j'ai ces trames obscures appartenaient à ceux qui complotaient i ment des choix indignes ; j'ai dit que dans le déparlement d en 1701, on devait aux patriotes, aux prétendus factieux, 1; nation de MM. Condorcet, Brissot, Garran-Coulon, Hoederer que le parti modéré, qui a fait b plus grande partie des él demandait aux candidats des preuves de nullités, comme on dnit autrefois des preuves de noblesse. Voilà le sens de ce dit, et la nation gémit de cette triste vérité.

On prétendait que Vorganimlion den clubs, que je défem un système complet de désorganisation sociale. J'ai cit< cette proposition, non des factieux, tels que J.-J. Rousseau ùtf Mirabeau, mais de Lolrne, qui a écrit un livre estim constitution de l'Angleterre. Il s'agissait, non de son opinii des faits qu'il énonce sur l'organisation des clubs anglais, su respondance d'un bout de l'empire à Tautre, sur leur inflw lili(pie. J'ai dit que, depuis c^nt anm^s, ces clubs n'ont pc organisé l'Etat ; j'ai dit que les plus célèbres orateurs, les phi!

les plus profonds, ont préparé, dans ces Sociétés, des lois qui sont (les bienfaits pour l'Angleterre et pour Tesprit humain : j'ai donc cité l'autorité de l'expérience, l'autorité des faits, et non celle des opinions individuelles.

J'ai posé en fait que les Sociétés des Amis de la constitution pouvaient former quatre cent mille citoyens. Je ne suis point tombé dans l'absurde contradiction d'appeler ces Sociétés l'immense majorité de la nation; mais j'ai dit que cinq ou six minoritç^ donnaient le nom de factieux à l'immense majorité de la nation. En effet, ce ne sont pas les Jacobins seulement qu'elles appellent ainsi, mais tout ce qui est pauvre, ou même tout ce qui n'est pas propriétaire : or, c'est là l'immense majorité de la nation. C'est encore à ce véritable corps du peuple, que les ennemis de la chose publique ont donné si ingénieusement le beau surnom de sans-culotte^ a peu près comme le duc d'Albe et les honnêtes gens qui suivaient ses trapeaux appelaient des Gueux la presque totalité de la nation batave, qui avait l'insolence de secouer le joug autrichien, et de vouloir être libre, malgré des moines et des tyrans.

Je n'ai dit ni fait entendre nulle part que mon frère fût ennemi de régalité ; je sais le contraire; je n'ai point dit qu'il entrât dans aucune coalition. Je suis" sûr de lui avoir répondu avec les égards convenables; et tous les hommes qui savent lire auront senti que j'éprouvais quelque peine à le combattre et quelque plaisir à lui rendre justice. Mais, en répondant principalement à mon frère, il n'était pas inutile cependant de faire voir que tous les partis contre-révolutionnaires et modérateurs, soit au dedans, soit au dehors du royaume, se sont coalisés pour détruire les Sociétés patriotiques. J'ai avancé que cette réunion était une preuve infaillible du civisme de ces Sociétés. L'on me répond que les passions sont quelquefois de l'avis de la raison : j'en conviens, et je n'aurais pas conclu de cette manière si je n'avais compté parmi les ennemis des Jacobins qu'un petit nombre des ennemis de la liberté; mais lorsque tous les partis qui veulent anéantir ou modifier la constitution, les rois, les ci-devant nobles, les ci-devant |)arlementaires, les prêtres, les grands propriétaires, les agioteurs, divisés d'opinions sur tout le reste, sont réunis sur ce point seul, cette baine una,nimc me oémontre jusqu'à l'évidence Tulilité, la nécessité de ces Sociétés patriotiques ; et je demeure convaincu que, malgré les inconvénients attachés à tous les établissements humains, il faut chérir et défendre ces clubs comme le plus ferme rempart de la liberté, de l'égalité.

J'ai dit : Vinertie du gouvernement cessera quand il prendra de

donné aux Sociétés de Amis de la constitution les moyens d'écarter, par un scrutin épura toire, les membres qui les déshonorent.

J'aurais voulu, je Tavoue, ne point parler de moi dans une discussion qui intéresse la liberté civile, et par conséquent la chose publique ; mais puisque mon frère m'y contraint, en exposant les motifs d'intérêt personnel qui peuvent diriger les défenseurs des Jacobins, je lui répondrai d'abord que, moi aussi, j'ai chéri la liberté avant qu'elle vînt réjouir le sol de la France, l'égalité politique, avant qu'elle fût la base de notre constitution. J'ajouterai que j'ai prouvé cet amour, non pas seulement par des entretiens particuliers, mais par des ouvrages de quelque étendue, composés avant la révolution, publiés dans ses premiers temps. Ils n'ont pas été sans éclat, et surtout ils n'ont pas contrarié la marche de l'esprit public. Depuis cette époque j'ai toujours suivi le même plan de travail, et je le suivrai toute ma vie, m'embarrassant fort peu si quelques journalistes, quelques obscurs partisans du modérant! sme, ignorent k la fois la force des mots et celle des choses, appellent factieux et incendiaires des écrits qui ne respirent que le respect des lois et l'amour de l'égalité.

Quant aux emplois, je ne connais et ne veux connaître aucun niinistre ; je ne solliciterai jamais aucune de ces places considérables et lucratives qui sont à la nomination du roi. Quant à ces succès littéraires dont la nature est d'avoir besoin des applaudissements de la multitude^ suivant l'expression de mon frère, voici ce que je lui répondrai : Si j'avais perdu deux ou trois années à composer des tragédies impartiales ou insignifiantes S et même deux ou trois matinées à écrire pour un journal quelques pamphlets modérés^ j'aurais trouvé un grand nombre de preneurs puissants et actifs; et peut-être, en 1793, ils m'auraient consolé de n'avoir pu, en 1791, me glisser dans la foule des députés de Paris, et siéger à l'Assemblée nationale entre M Robin-Léonard et M. Thorillon. Cette bienveillance est dans la nature des choses ; et par une conséquence du même principe, je ne dissimulerai point, j'aime à croire, que les amis de l'égalité se sont intéressés au succès de productions qui la font chérir. Est-ce là être un homme de parti? Je veux l'être de cette manière. Le cercle des vrais patriotes aura beau se resserrer, je veux y rester toujours ; et si tous les ennemis de la chose publique parviennent à précipiter la France vers une transaction igno-

^ Voyez, dans l'Introduction, l'explication de tout ce passage, qui avait été mal compris.

minicuse; si, même, la multitude égarée redemande une portion de l'ancienne servitude, je saurai dédaigner la majorité esclave, et partager avec joie le sort de la minorité libre et vaincue.

Marie-Joseph Chénier.

Ce 20 mai », Ym IV de la liberté.

N. B» L'étendue de cet écrit dit assez ce qui en a tant retardé rimpression.

LETTIŒ A M. ANDHÉ CHÉNIER ».

Ce 4 juin 1792.

Je vienF, Monsieur, de lire votre lettre du 30 mai '. Je ne puis m'empêcher de convenir de la vérité des faits et de la justesse des principes qui y sont contenus, mais il y a bien aussi quelques petites erreurs que vous me permettrez de relever. La cbaleur et la force de votre style sont bien faites pour persuader, mais elles sont insuffisantes pour convaincre. Vous croyez, par exemple, que la France doit se glorifier d'avoir vu naitre L'Hôpital, Bayle et Montesquieu. Une pareille opinion scandalise bien des gens, et c'est à juste titre.

Ce L'Hôpital était un garde des sceaux, homme de bien, si vous voulez, mais trop humain, trop sensible, je dirais presque trop honnête pour un homme d'État; d'ailleuri:, ennemi des factions, partisan de l'autorité royale, aristocrate enfin, et je vous citerais

mainis traits de son histoire qui l'auraient conduit tout droit

aux Carrières.

* C'est par une erreur d'impression, reproduite dans l'édition de 1840, que, dans le Moniteur, cet article est daté du 20 avril. Cela est évident, puisque c'est une i*épon!>e à un article d'André, paru le 15 et le 16 mai.

* Publiée, le 8 juin 1792, dans le Journal de Paris. Il est inutile de faire remarquer la spirituelle ironie qui rc^ne d'un bout à l'autre de cette lettre. Mais, c'est en b'attardant ù de vains jeux d'esprit, qu'en temps de révolution un parti n'e^^t ni écouté ni compris de la masse flottante des lecteurs, qu'il faudrait convaincre et entraîner, et qu'il perd ou ne peut prendre la direction de l'opinion publique. Le style d'André Chénier, simple, toujours clair et sans fausse réthorique, e^t, sous ce rapport, un modèle que les publicistes du parti con>tilulionnel eussent mieux fait de suivre et d'imiter.

' C'est l'article, daté du 50 mai, publié dans le Journal de Paris, du 3 juin. Voyez, page 208.

Bayle, me direz-vous, était bon logicien; et moi, je vous dis que Bayle était un controversiste, qui a épousé des querelles de religion; traité assez bien, à la vérité, quelques sujets moraux, mais jamais pénétré à fond les grands, les sublimes principes de la liberté comme on l'entend.

Quant à Montesquieu, je ne puis vous pardonner une école pareille. Quelques bonnes gens avaient cru qu'il avait jeté de grandes lumières sur la nature des gouvernements ; qu'il avait étudié leurs ressorts, combiné les forces actives qui en accroissent la puissance et en perpétuent la durée. Mais il est bien reconnu à présent que VEsprit des lois est un opuscule qui ne présente qu'un ramas de faits et de citations qui ne prouvent rien, un répertoire à'Anas. Quelques vieilles trivialités politiques s'y perdent dans une nuée de paradoxes. N'a-t-il pas osé dire et tenté de prouver que la monarchie limitée était le meilleur des gouvernements? Quel blasphème ! 11 est donc clair, Monsieur, que Montesquieu est atteint, comme tant d'autres, de la rouille aristocratique, et qu'il ne s'était jamais douté de la liberté : tel est l'homme que vous osez prôner !

C'est comme si vous eussiez voulu louer Mably, cet autre coryphée de l'aristocratie, que les sages du siècle ont banni avec ses pareils du pays de h liberté. Il a fait, il est vrai, un ouvrage sur les droits et les devoirs des citoyens, ouvrage qui a joui d'une estime éphémère; mais on en a bientôt reconnu le danger. Quoi! insulter la majesté du peuple en lui parlani de ses devoirs ! et puis, qu'est-ce que cette insolente épigraphe d'un autre de ses ouvrages : Quid leges sine moribus? Mably, Monsieur, est couvert d'opprobre, et Mably n'a que ce qu'il mérite.

11 en est de môme de Voltaire, il en est de même de Raynal, il en est de mémo de Mirabeau. Tous ces petits génies sont actuellement à leur place. On convi^dra avec vous qu'ils ont toute leur vie plaidé pour l'humanité contre les tyrans ; qu'ils ont écrasé la superstition et l'orgueil nobiliaire; mais on vous prouvera que ce sont là de légers services ; qu'au total tous ces gens-là n'ont vu la liberté qu'eu optique ; qu'ils ont rêvé gouvernement, unité monarchique, etc. ; qu'ils ont surtout, qu'ils ont exécré les factieux et démontré l'impossibilité d'être gouverné par une multitude souverainement agissante : voilà les torts réels de ces hommes tant exaltés ; et si vous ne consentez à les reléguer parmi les oppresseurs du peuple, dites au moins que leurs vues courtes et leurs jugements obtus les ont privés des grandes découvertes qui ont été faites depuis, et qui ont porté l'empire français à ce haut degré de gloire, de puissance et

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de prospérité dont nous jouissons. Rousseau est le seul k qui Ton ait donné un brevet jacobite, je no sais pourquoi ; car il est facile de prouver, et je prouverai que cet homme est vraiment myope en fait de liberté. En redressant vos torts, je m'aperçois, Monsieur, que je vais au delà de ce que je me proposais. Ce vous sera toujours un bon avertissement de ne pas désormais prostituer vos louanges à celte foule d'hommes proscrits dont j'ai pourtant hasardé de citer les noms. Préconisez la profonde^ longue et érudite diplomatie du Patriote français; portez aux nues l'académique aridité de Taidemajor de la Chronique * ; élevez-vous à la hauteur de la grande députation*; et vantez-nous la foudroyante éloquence de l'un, les improvisations mervei7/eMse«' de l'autre, la bonacité hypocrite de celui-ci, les phrases bouffies d'épithètes et brillantes de néologie qui composent le précoce talent de celui-là ; puis extasiez-vous devant le zèle ardent et patriotique de ce comité si intègre, si pur, si digne en un mot d'être dictatorisé : voilà le moyen de plaire à tout le monde c'est-à-dire, à fort peu de personnes, comme le dit trèsbien Rousseau.

François Ghéron.

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