Varuxte. Ne sert point leur parti ni aucun autre
que c'est elle et tous ses frères d'armes répandus sur la France qui font la nation franraise.
Ils font de patriotiques doléances sur la division qui règne entre les citoyens ; et, en effet, ce n'est pas eux qui sèment cette division ; ce n'est pas eux qui, partageant la nation en peuple et en bourgeois, appellent peuple tous ceux qui n'ont rien, et ajoutent que ceuxlà seuls sont patriotes ^ Ils font tout ce qu'ils peuvent pour nous donner la paix ; et, s'il arrive que tous les citoyens se réunissent pour tomber à leurs pieds, et leur abandonner crédit, argent, places, honneurs, tout ce qu'ils veulent, ils pleureront de joie de voir tant de concorde parmi les citoyens.
Dans leurs véridiques attaques contre des ministres, contre des généraux, ils ne manquent jamais de leur reprocher l'indiscipline des troupes. En effet, comme des troupes sans discipline sont toujours fatales à la gloire, et très-souvent à la vie de leurs chefs, ces chefs ont évidemment un grand intérêt à les tenir dans cet état. Bien des gens accusent les accusateurs eux-mêmes ; mais quoi ! ce n'est pas eux qui ont ouvert les clubs aux soldats ; ce n'est pas eux qui ont établi des clubs au sein même des régiments ; ce n'est pas eux qui ont démontré que les soldats ne doivent pas obéir à un ordre sans l'avoir approuvé après une mûre délibération 2; ce n'est pas eux qui ont ap-
1. Variante. En ajoutant que ceux-là seuls sont patriotes et que tout le reste est aristocrate.
2. Variante. Ce n'est pas eux qui ont protégé tous les soldats, que \e\XT patriotisme a rendus rebelles ou déserteurs; ce n'est pas eux qui ont mené en triomphe des révoltés, voleurs et assassins.
plaadi aux dégoûts, aux outrages, aux meurtres dont tant d'officiers ont été victimes ; ce n'est pas eux qui ont décerné le triomphe à tous les soldats que leur patriotisme a rendus, ou déserteurs, ou voleurs, ou assassins ; ou bien, si c'est eux qui ont fait tout cela, avouons-leur du moins que ce n'est pas là ce qui introduit dans une armée l'insubordination et le désordre.
Sur cet article, ils ont une double réponse : si les généraux se plaignent de l'indiscipline de l'armée, alors il est faux que l'armée soit indisciplinée ; mais si des excès déplorables et honteux, et trop bien prouvés, ne permettent plus la consolation du doute, alors c'est aux généraux eux-mêmes qu'il faut s'en prendre.
Ceux d'entre leurs coryphées ^ dont l'esprit et les talents peuvent inspirer des regrets et donner du poids aux mensonges, tracent des portraits brillants et fidèles des ambitieuses fureurs de la Maison d'Autriche ; puis ils déclarent que tout homme qui n'est pas de leur parti , qui n'a point pensé comme eux, qui aurait voulu qu'on évitât la guerre, est un ami de la Maison d'Autriche.
Ils se vantent avec faste d'être ses ennemis, de s'offrir à sa vengeance. Certes, malgré leur sinistre démence, et malgré toutes nos fautes, je ne crois pas encore que nous soyons réduits à voir la Maison d'Autriche exercer ses vengeances parmi nous; mais si cet avenir nous menaçait, si nous leur devions encore cette honte et ce maltieur, et si la Maison d'Autriche