‹ Œuvres en prose, précédées d'une notice sur le procès d'André Chénier et des actes de ce procèsChapitre 157 sur 160 · A L ASSEMBLEE · texte numérisé non relu

A L ASSEMBLEE

Les coniinissaùxs de la section de la Bibliothèque, nar'mi lesquels se trouvent MM. Marie- Joseph Chénier'^ et Gollot-d'Herbois, sont introduits.

M. Collot-d'Herbois : « Législateurs, des faits particuliers ne sont dignes de votre attention qu'autant qu'ils peuvent regarder une mesure d'utilité générale. Ce n'est pas de nous que nous venons vous occuper, c'est de tous les citoyens de la capitale. Pour que les assemblées de communes soient utiles, il faut qu'elles se tiennent avec une entière publicité. Tous les citoyens étant appelés à défendre la patrie, ils doivent au moins avoir le droit de présence aux assemblées publiques, pour n'être point tout à fait étrangers aux mesures prises pour le salut de tous. La liberté ne peut mûrir chez nn peuple que par

i. Extrait du Moniteur du 6 août 1792, séance de l'Assemblée nationale du dimanche 5 août.

2. Le Moniteur avait par erreur imprimé le nom d'André Chénicr, au lieu de celui de Marie-Joseph Chénier. Dans !e numéro du 7 août, il publia un erratum ainsi conçu : < Ce n'est point M. André Chénier qui a été introduit à la barre avec M. Coliol-d'Herbois et les autres commissaires de la section de la Bibliothèque. > Le dimancive 5 août 17!)â, André Chénier était en Normandie, à Gournay.

(B. de F.)

l'instruction. Les conspirateurs et les traîtres seuls fuient le grand jour.

Une assemblée de citoyens qui se renferme et délibère dans les tribunes est par cela même suspecte. Depuis deux jours, plusieurs de nos assemblées de section sont agitées par un horrible désordre, et ce sont précisément celles qui n'ont pas encore consenti à donner de la publicité à leurs séances. Le vœu qui vient d'être émis par une majorité incontestable, composé de plus de quarante sections, fait le désespoir d'une minorité rebelle et tumultueuse; nonseulement elle s'agite en tous sens et prépare obscurément, dans de petits conciliabules, d'odieuses contestations contre le vœu pressenti de la nation entière pour la déchéance du roi.

Elle pousse le délire et l'audace jusqu'à maltraiter tous ceux qui, dans cette circonstance, ont rempli avec courage la mission qui leur avait été déléguée par l'assemblée générale de leurs sections. Avant-hier, dans l'église de Saint-Thomas, oii nous tenons nos assemblées, nous avons été en butte à toutes sortes d'injures. Des hommes qui dédaignent ordinairement d'assister à nos séances, s'y étaient rendus en grand nombre ; ils nous contestèrent nos pouvoirs, nous allons les déposer sur le bureau; nous y déposerions les procès-verbaux qui constatent que c'est en vertu du vœu de la section, légalement recueilli, que nous avons concouru à l'adresse de la Commune *; mais le secrétaire vient de nous instruire que ces procès-verbaux avaient été soustraits des archives. C'est ainsi que nos

1. C'est là précisément ce qu'avaient contesté les citoyens de la section de la BiLliotlièque admis précédemment à la barre, dans la même séance, désaveu dont le Moniteur avait rendu compte en ces termes : < Des citoyens de la section de la Bibliothèque, admis à la barre, désavouent l'adresse relative à la déchéance du roi; ils annoncent avoir consigné ce désaveu dans un arrêté pris dans une assemblée légalement convoquée, et composée de cent dix-huit personnes, et le fondent sur ce qu'ils n'ont pas trouvé des traces de la nomination des commissaires qui ont concouru, au nom de cette section, à la rédaction de l'adiesse de la Commune de Paris. y(B. de F.)

calomniateurs ajoutent aux mauvais traitemenU les armes de la perfidie. Cependant, ne désirant que de vivre en paix avec eux, nous nous imposons un sacrifice, en ne demandant que la seule publicité de nos assemblées, lorsque nous devrions réclamer, dans ce moment de danger, pour tous les citoyens, sans distinction de fortune, le droit de délibérer sur leurs intérêts, car toute barrière nous gène; nous voudrions toucher de plus près nos frères, parce que l'égalité la plus parfaite est la base de nos principes politiques. Tandis que d'honnêtes gens se rendront dans les assemblées délibérantes, l'injure à la bouche et la violence dans leurs actions, nous autres, bonnes gens, nous n'y apporterons que les principes de la raison et de la justice, et la publicité seule peut les faire triompher. » (On ajjplaudit.)

Pages.

Le procès d'André Ghènier I

Actes du procès IX

L Mandat d'arrêt contre M. Pastoret ... ix

IL Procès-verbal de l'interrogatoire d'André

Chénier x

IIL Ordre de conduite au Luxembourg, puis

à Saint-Lazare xvii

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