Voy. no IV
2. Publié par M. P. Lacroix, dans l'édition des Œuvres en prose d'André Chénier, éJit. 1840, page xxxviii.
D'ANDRÉ ClIÉNIER xix
Pastoret*, où il faisait visite, le citoyen Guénot^ porteur d'ordre du comité de sûreté générale, y arriva avec un mandat concernant cette citoyenne^. Gomme il avait le pouvoir, à ce qu'il dit, d'arrêter toutes les personnes qui lui paraîtraient suspectes dans la dite maison, il arrêta entre autres André Ghénier, qui se réclama inutilement de la section de Brutus dont il est membre et dont il avait une carte et plusieurs attestations de différents genres. Ce commissaire lui fit subir un long interrogatoire dont il fut dressé un procès-verbal, qu'André Ghénier refusa de signer, après en avoir fait observer les nombreuses irrégularités. Ces observations et ce refus firent éclater le citoyen Guénot en expressions de l'emportement le plus violent. Il obtint un ordre du Gomité révolutionnaire de la commune de Passy, qu'il signa, pour faire conduire le dit André Ghénier au Luxembourg; le concierge de cette maison ayant trouvé quelque chose à reprendre dans la manière dont l'ordre était expédié, refusa de recevoir le prisonnier. Sur quoi le citoyen Duchesne, à la garde de qui il avait été confié, l'ayant ramené vers le citoyen Guénot, ce dernier le fit transporter à la maison de Saint-Lazare, où il est détenu depuis ce temps.
Telles sont les circonstances de l'arrestation du citoyen André Ghénier, comme il constera par l'écrou de sa détention, par l'ordre en vertu duquel il a été conduit à la maison d'arrêt, et par le témoignage des membres du Gomité révolutionnaire de la commune de Passy, présen ts à son arrestation.
Le citoyen André Ghénier est un patriote dont la vie fut toujours irréprochable. Il se fit connaître et s'attira des inimitiés honorables par la franchise et le courage avec lesquels il dénonça, comme des intrigants, Brissot, Pétion^
4. Mme Piscatory avait loué uae maison à Passy où elle habitait alors avec sa fille et son gendre M™e et M. Pastoret.
2. C'est Gennot; mais la signature de cet homme était faite de manière qu'on pouvait lire Guénot.