‹ Œuvres en prose, précédées d'une notice sur le procès d'André Chénier et des actes de ce procèsChapitre 28 sur 160 · XXXVIII LE PROCÈS · texte numérisé non relu

XXXVIII LE PROCÈS

Bouchet, secrétaire de Bailly, auteur de l'affaire du Champde-Mars et de plusieurs autres actions scélérates qu'il a conseillées à Bailly.

Mahé, ex-noble, américain.

Vergennes, père et fils, ex-comte.

Gharleval, ex-noble, lieutenant-colonel de la garde constitutionnelle du tyran.

Dagieux, ex-noble, officier dans la garde du tyran.

Gambon, ex-noble, femme du président du parlement de Toulouse, dénoncée par le concierge Semé de tenir dans sa chambre des rassemblements d'aristocrates.

Lagarde, ex-noble, officier aux gardes.

Serre, gouverneur de Ghandernagor, frère de Serre, député, mis hors la loi ; il était un des principaux agents de la Gironde à Bordeaux.

Bérulle, ex-noble, président du parlement de Bordeaux.

LoyseroUe père*, ex-noble; il a été prouvé que c'était lui qui avait dit que les membres de la Convention nationale parlaient comme des apôtres et se conduisaient comme des anthropophages.

LoyseroUe fils, ex-noble, a écrit ces vers, lorsque Durosoy fut condamné :

. . . Immortel Durosoy, Tu servis ton pays et tu meurs pour ton roy!

Saint-Agnan, ci-devant duc.

Saint-Agnan, ci-devant duchesse.

D'Artigues, ex-marquise, femme d'émigré.

Gauthier, ex-noble, femme d'émigré.

Govin, ex-noble, garde constitutionnel du tyran, émigré.

Dolchi, ex-comte italien, pensionné des princes.

Voyou, prêtre, qui a rétracté son serment.

Goitrelle, ex-baron.

Périgord, ex-comtesse, femme d'émigré.

1. Il n'y a aucune confusion entre le père et le fils. Mais Loizerolle père ne figurera pas sur la liste générale, dite du comité, non plus que sur celle de Fouquier. Ce fut Loizerolle fils, seul, qui fut poursuivi; et ce fut Loizerolle père qui fut jugé et exécuté. {B. de F.)

D'ANDRÉ CHÉNIER xxxix

Toussaint-Megnier, prêtre.

Léonard Sellos, prêtre.

Kœsman, ex-noble, conseiller au parlement de Paris.

Kœmaden, ex-comte, breton, souteneur du parti royaliste

aux spectacles, persécuteur des patriotes. Longchamp, ex-noble, qui disait qu'on ne pouvait plus

trouver de la bonne compagnie qu'en prison.

Nous croyons que les individus, dont nous venons de transcrire les noms, sont des ennemis du peuple, du gouvernement républicain et révolutionnaire ; nous n'avons pas de preuves matérielles qui établissent cette conviction, elle est acquise par des remarques que nous avons faites.

Elles consistent d'avoir vu les nobles, les prêtres se rechercher, vivre ensemble et se défier de ceux qu'ils croyaient patriotes, en les désignant comme des espions.

Souvent les prêtres et les nobles se groupaient dans les corridors, soit pour causer, soit pour lire les gazettes; quand il y avait de mauvaises nouvelles, ils prenaient un ton goguenard, ils riaient, et quand il y en avait de bonnes, ils cherchaient à les discréditer ou à les révoquer en doute, et, lorsque nous venions à passer, il se faisait un pi^ofond silence.

Chaque jour on inventait des nouvelles désastreuses, tantôt l'armée du Nord était en pleine déroute, tantôt l'empereur voulait bien ménager les Français ; Trenck débitait qu'incessamment cent mille Valaques monteraient à cheval pour envahir la France. On avait som de débiter toutes ces nouvelles à l'oreille avec un air de mystère. Chacun fuyait quand ils nous voyaient.

Il existe encore un indice de la haine que les prêtres et les nobles portent à la révolution, car nous avons remarqué qu'aucun d'eux ne tient le langage des patriotes; s'il leur échappe le mot de citoyen,' c'est par réflexion et visà-vis du guichetier ou vis-à-vis des citoyens vivant de leur travail.

Lors du développement de la conspiration de Ronsin, les nobles et les prêtres nous désignaient comme leurs complices, nous qui avions dénoncé ce complot, trois mois

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