XXIV LE PROCÈS
note ou accusatioii contre aucun des détenus, qu'il n'a écrit ni parlé à Fouquier, ni à aucun membre du tribunal depuis l'instant de son arrestation; qu'il désire même que tous ces faits soient éclairés par le tribunal actuel, afin que, la vérité connue, il puisse recouvrer l'estime et la confiance de ses concitoyens qu'il n'a jamais mérité de perdre ; — qui est tout ce qu'il a dit savoir. Lecture faite, etc.
Déposition de Pépin Dégrouhette aux débats, audience du 13 germinal (24° témoin).
P.-A.'N. Pépin Dégrouhette a parlé de la prétendue conspiration de Lazare; il a annoncé que des méchants lavaient regardé comme un mouton dans les prisons ; il a dit que le contraire était démontré aux Comités de gouvernement ....
Le 5 thermidor, on enleva 33 détenus de Saint-Lazare ; je fus appelé comme témoin dans cette aff"aire; je déclarai que je n'avais eu aucune connaissance directe ou indirecte de cette conspiration. Loin de charger les accusés, je les ai défendus. Je dis qu'une femme paralytique ne pouvait être complice d'évasion; je crois cependant qu'elle périt dans la première journée. Les listes de Saint-Lazare ont été faites par Jaubert; on le disait dénonciateur de Ronsin. Lorsque je vins ici le 7 ou le 8 thermidor, il me dit de remettre à Fouquier un papier qui contenait vingt-trois noms accompagnés de notes. Je vis qu'il y avait sur cette liste d'excellents patriotes; je la communiquai à plusieurs personnes, et je ne la fis remettre qu'à la fin des débats ; elle était signée Robiquet et Joubert.
Fouquier. — Je n'ai aucune connaissance de la femme paralytique dont a parlé le témoin; on proposa à Saint- Lazare 30,000 livres pour faciliter l'évasion de deux individus. Quant à Joubert, il figure dans l'affaire d'Hébert et de Ronsin; je ne l'ai pas fait entendre dans l'atfaire de
D'ANDRÉ GHÉNIEK i.xxv
Saint-Lazare; je n'ai fait paraître dans cette affaire ni Peimandy, ni Robiquet, ni Joubert, j'ai suivi la liste de traduction du Comité; je fis même effacer Barbentane et le prince de Hesse.
PÉPIN. — Je dois dire au tribunal que Scellier était humain, même sensible..., que j'étais indigné delà manière dont Dumas et Coffinhal traitaient les accusés, ainsi que de l'acharnement affreux que Liendon mit dans l'affaire de Saint-Lazare.
J'ajoute que les trois fois que je suis venu déposer au tribunal, j'ai dîné à la buvette avec les gendarmes et les autres témoins, et que Fouquier n'y était pas.