Collot-d'Herbois
2. Vabiante. Pour ne pas décourager le reste des troupes et aussi pour éviler la contagion de l'exemple. Mais l'exemple du vice n'est cont3i:ieux
\'oix publique pourrait-elle demander justice de ces horribles fureurs, si on parvenait à les lui cacher ! Ainsi, les uns nous trahissent par méchanceté ; les autres, par des craintes pusillanimes.
Les hommes du 10 mars ^ sont mécontents du ministère : ils le renvoient. En un jour, leurs parents, leurs amis accupent un grand nombre de places lucratives ; et voilà enfin un ministère patriote. Mais ce ministère , que fait-il ? Il commence par nous précipiter dans une guerre qu'on pouvait.^ éviter. S'est-il du moins assuré les moyens de la bien faire? Comme les ministres de Louis XIV, il a l'extravagante prétention de diriger des armécS, du fond de son cabinet. Ses premiers plans n'ont d'autre base que la prétendue certitude que les troupes allemandes déserteront en foule à notre approche, et que les villes se rendront sans coup férir ; comme si des soldats français devaient fonder l'espérance de leur victoire sur la lâcheté de l'ennemi ! Les premiers revers, en montrant combien ces espérances étaient futiles, font rougir ceux qui ne rougissent des choses honteuses que quand elles n'ont pas réussi 3. Des millions sont accordés pour des dépenses secrètes; et ces dépenses sont si secrètes qu'il est impossible de concevoir à quoi ces millions ont été employés : car nous ne sommes instruits, ni des projets, ni des marches, ni des dispositions, ni du nombre de nos ennemis , qu'après les événements.