‹ Œuvres en prose, précédées d'une notice sur le procès d'André Chénier et des actes de ce procèsChapitre 99 sur 160 · Ces deux discours sont de Guadet et de Brissot · texte numérisé non relu

Ces deux discours sont de Guadet et de Brissot

3. Cet écrit, signé J. B. A. S. (Suard) est intitulé : Observations sur le Comité autrichien et ses dénonciateurs. Voyez le supplément au Journal de Paris du 27 et du 29 mai 1792.

dain qu'inspiraient les hommes et les choses; mais je veux observer que ces discours, si méprisés, ont pu cependant n'être pas écoutés sans quelque fruit. Les deux orateurs se sont réunis à dire que les deux exministres ne sont pas moins coupables que M. Delessart; et, dans cet aveu, ils ont donné une grande leçon à l'Assemblée nationale et à tous les hommes capables de réfléchir. Ils leur ont bien montré la vérité de cette maxime, qu'une chute toujours attire une autre chute ^ ; ils ont bien dévoilé cet art des ambitieux intrigants qui savent que, pour conduire les hommes à son gré, il faut d'abord en obtenir 2 un premier pas éclatant, et qui paraisse les engager à un certain genre de démarche; que la confiance qu'on obtient dans une occasion est comme les arrhes d'une égale confiance pour des oecasions pareilles; et qu'il est facile d'intéresser l'amour-propre à soutenir une action par d'autres actions semblables.

Est-ce tout? Non : on s'était couché tranquille; on se réveille en alarme. Qu'y a-t-il donc eu de nouveau pendant la nuit? Dix Suisses ont pris, dit-on, la cocarde blanche. Sont-ils arrêtés^ oui. Des gardes du roi, ivres, ont tenu quelques mauvais propos. Ces événements sont-ils donc la véritable cause de tant d'inquiétudes et de tout cet étalage de crainte, d'activité et de force, qui est le signal des extrêmes périls? Chacun, ignorant où est précisément le nouveau danger, le cherche dans ses préjugés, dans ses haines,

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