‹ ŒuvresChapitre 3 sur 16 · DU CHANT CINQUIÈME · texte numérisé non relu

DU CHANT CINQUIÈME

(') Oh ! que le temps sait bien , dans sa marche fiéconde , Sons mille aspects nonveauz reproduire le monde !

Cette reproduction étemelle de chaque partie de la nature est une des plus belles idées de la philosophie ancienne; llnterpréte d'Épicure la retrace souvent avec tout le charme de la poésie; il dit, liv. II :

Ah ! si le temps détruit les éléments féconds , Quel pouvoir, de la terreétemise les dons?

Lui rend le vif éclat de sa beauté première , Et guide chaque espèce aux champs de la lumière? Dans quels grands réservoirs tous les fleuves divers Puisent-ils les torrents qu'ils roulent vers les mers? Quel aliment enfin an céleste empyrée Repatt les feux brillants de sa plaine azurée? Ah ! si des éléments tel eût été le sort, Déjà cet univers auroit subi la mort; Mais, dès l'éternité, si leur force féconde Guide , entretient , anime , et repeuple le monde , Us sont donc immortels , et leurs travaux constants , Renouvelés sans cesse , épuiseront le temps.

PONCBBTILLE.

(') Qp^ l'^At cru qu'un amas de légers sédiments BriUeroit en crisunx, luiroit en diamants!

Il est certain aujourd'hui, par les expériences de la chimie moderne, que le diamant est combustible : cette substance qui passoit pour tellement inaltérable que les anciens en avoient fait Fembléme des arrêts du destin,

( Figit adamantinot dora nécessitas ckvos )

se dissipe en un peu de fumée et de suie. M. de Morveau ayant recueilli et examiné la vapeur qui résulte de cette combustion, Fa trouvée parfaitement semblable à celle du charbon; il pense donc que le diamant n'est que du charbon dans son plus grand état de pureté : aussi le diamant peut-il convertir le fer en acier de la même manière que le charbon. Les poètes, qui donnoient à leurs héros des armes de diamant, ne se croy oient pas si près de la vérité.

Le diamant étant de la nature du charbon ne peut être un sédiment de l'eau, mais l'on ignore en général quel a été son dissolvant et comment il a pu cristalliser.

On est au reste dans la même ignorance par rapport au cristal de roche , qui n'est que la cristallisation de la terre siliceuse dans sa plus grande pureté. Des cônes, des prismes, des aiguilles de cette pierre, tantôt isolés, tantôt groupés, tantôt limpides et tantôt colorés de diverses nuances, tapissent presque toutes les cavités des roches; il s'en retrouve jusque dans les moindres fissures : on ne peut guère douter que la nature n'en produise encore journellement , et cependant la chimie n'a pu lui découvrir de dissolvant.

{}) Que la terre, oubliant »a vertu végétale, Des sucs dus à la fleur coloreroit l'opale !

L'opale, espèce d'agate blanchâtre, qui, du milieu de sa teinte laiteuse, réfléchit toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, en sorte que, dit Pline, elle semble resplendir à-la-Jbis du vert de Pémeraude, du bleu du saphir, du feu du rubis, mêlés à For éclatant de la topaze. Ces reflets sont dus à de légères solutions de continuité entre ses molécules, ou à de nombreuses petites fissures qui la traversent en tous sens, et qui décomposent et renvoient diversement la lumière; aussi est-elle extrêmement cassante. Les mines d'opale les plus célèbres sont celles de Hongrie. On donne communément le nom d'orientales aux pierres qui en viennent. L'art ne

peut contrefaire Fopale ; on ne la taille point en facettes , mais en segment de sphère, ou, comme on dit, en cabo- €hon.

Les anciens l'appeloîent la plus noble des pierres; et tout le monde connoit Fobstination de Nonius , qui aima mieux se faire proscrire par Antoine, que de lui céder une belle opale que ce triumvir desiroit ardemment. Mira Antonii feritas , dit Pline , atque luxuria , propter gemmant proscribentis: nec minor Nonii contumacia, proscriptionem suam amantiSy quum etiamferœ abrasas partes corporis relinquant, propter quas se periçUtari sciant. Il fait allusion au castor dont les anciens rapportoient qu'il se mutile pour échapper aux chasseurs, parcequ'il sait qu^on ne le poursuit .que pour avoir son castoreum, substance estimée en médecine.

L'opale est aujourd'hui à-peu-près du même prix que le

saphir.

(^) Qa'an rer emprisonné formeroit le corail !

Cette sorte d'arbre pierreux et d'un beau rouge, dont on fait des bijoux et que l'on nomme corail ^ est un dépôt formé •dans l'intérieur d'un animal composé de la famille des polypes. Dans l'état de vie, le corail est enveloppé d'une écorce charnue, creusée d'une multitude de petites cellules; .chaque cellule contient un polype , qui peut à volonté s'y tenir renfermé ou s'étendre au-dehors. Ces polypes ressemblent à autant de petites fleurs, parceque leurs bras, disposés en rayons autour de leur bouche , représentent des .pétales. Ils s'en servent pour saisir les petits animaux qui passent à leur portée et dont ils font leur nourriture, et tous les polypes d'un même tronc de corail communiquent .tellement ensemble par l'écorce générale à laquelle ils adhèrent, que ce que chacun d'eu^ mange profite également à tout l'ensemble de cet animal compose. Le dépôt pierreux,

que l'on appelle proprement corail y se forme par couches du dedans en dehors ; la couche extérieure étant toujours la plus nouvelle, à-peu-près comme dans les arbres. Ces couches différent quelquefois en couleur.

(S) D'abord s'offre ans regards

Ce sel , dans la nature abondamment épars.

Cest en effet une chose admirable que la profusion avec laquelle la nature a répandu celle de toutes les substances minérales qui est le plus utile à l'homme; non seulement l'eau de la mer en tient d'autant plus en dissolution qu'elle est sous un climat plus chaud , mais une quantité de sources salées coulent dans l'intérieur des continents, et des masses immenses de sel sont cachées dans la profondeur de la terre. Elles paroissent être des dépôts laissés sur nos contrées par les mers qui les couvroient autrefois , et il est probable que les sources salées leur doivent leur orig;ine. Les déserts de l'Afrique ont aussi de riches amas de sel, qui étoient connus de la plus haute antiquité , et qui font encore aujourd'hui un article important de commerce dans ces régions arides.

On sait que le sel commun , ou muriate de soude , dont nous parlons ici , est une combinaison d'un acide appelé muriatiqucy ou plus nouvellement hydro-chlorique y et de Falcali nommé soude y ou alcali minéral y qui lui-même est l'oxide du métal nommé récemment sodium.

Chacun de ces éléments a dans les arts son utilité particulière; la âoude est indispensable pour les verreries et les savonneries, et l'acide muriatique, outre son utilité pour beaucoup d'opérations chimiques, lorsqu'il se dépouille de son hydrogène et passe à l'état de chlore, devient le moyen le plus actif pour blanchir les toiles et détruire les couleurs qu'on y auroit appliquées.

Il y a donc un grand intérêt à décomposer le sel oom-

mun pour avoir séparément les deux substances qui le composent , et c'est à quoi la chimie est parvenue depuis quelque temps.

(^) J'atteste , ô Wiliska ! tes carrières fécondes.

La peinture que le poète fait ici des mines de sel de la Pologne autrichienne est beaucoup plus exacte que la plupart de celles que Ton trouve dans les relations de ce pays-là. Elles sont vraiment étonnantes par leur immensité. On les exploite depuis 1 25 1 : elles donnent chaque année cent mille quintaux de sel , et cependant on n'a pu déterminer encore les dimensions de l'énorme masse de ce minéral où elles sont creusées. Elles ont quatre étages; leur plus grande profondeur est de neuf cents pieds, et leur étendue horizontale de plus de trois lieues en différents sens. On a creusé quelques édifices dans les parois des galeries, et leurs ornements sont en sel, comme leurs murailles. Ainsi le premier étage, qui est à deux cents pieds sous terre, offre trois chapelles, où l'on dit la messe à certaines époques, et dont les statues et les autels sont en sel, et un bureau. nommé chancellerie, où les tables et les sièges sont de la même matière. Les ouvriers se sont aussi pratiqué , en différents endroits, des cases fermées de portes de bois, pour y serrer leurs outils; et c'est de ces petites chambres que l'imagination un peu exaltée des voyageurs a fait des maisons et une ville. On a dit aussi qu'il y existe des familles entières qui n'ont jamais vu le jour, un tribunal de justice, des prêtres, etc.; ce sont des exagérations ridicules. Les ouvriers entrent dans la mine le matin et en sortent le soir, mais les chevaux une fois descendus restent jusqu'à ce qu'ils soient hors de service. On les emploie à traîner le sel et à faire tourner les roues par lesquelles on monte ou descend d'un étage à l'autre. Leurs écuries sont aussi creusées dans le sel , et l'on a remarqué qu'ils y perdent la vue de très

bonne heure. Da reste, l'air de ces mines est salobre ; mal- ^é leur profondeur elles ne sont point humides, et Ton y trouve plutôt de la poussière que de la boue.

Les penchants dos monts Grapacs contiennent beaucoup d'autres mines de sel , tant du côté de la Hongrie que de celui de la Pologne. On en trouve aussi en Moldavie et dans plusieurs pays de l'Allemagne, sur-tout dans celui de Salzbourg qui en a tiré son nom; et l'on vient tout récem* ment d'ai découvrir en Lorraine qui sont beaucoup plus vastes , et qui promettent d'être beaucoup plus lucratives que celles de Pologne.

(7) An milieu d'an raisseaa coort Tonde salouire Que jamais de cet lienx Tamertame n'altère.

Il est très vrai qu'il y a dans ces mines une source d'eau

douce qui paroit s'être filtrée au travers de quelque banc

d'argile non imprégné de sel et placé entre les couches

salines.

Ces deux vers :

Telle on dit qa'Arétbute, an sein des flots amers, Sans perdre sa douceur, voyageoit sous les mers ;

rappellent à-la-fois et le passage de Virgile , J?cbgf. X, v.4:

Sic tibi , cum fluctus pneter labere Sicanos, Doris amara suam non intermisccat undam !

et la belle paraphrase de Voltaire , Henr. y ch. ix :

Belle Aréthnse, ainsi ton onde fortunée, Ronle au sein furieux d'Amphitrite étonnée.

Un cristal toujours pur, et des flots toujours clairs. Que jamais ne corrompt l'amertume dex mers.

(*) LJi , différents de poids, de forme, de figure. Dans Im dure épaisseur de leur matrice obscure,

Se forment ces métanx qu'on tâche d'arracher Aux Teines de la terre , aux fentes dn rocher.

Les métaux sont des corps simples presque complètement opaques; ils sont très brillants en masse; ils brillent même lorsqu'ils sont réduits en poudre dont les molécules n'ont pas trop de ténuité. Le brillant des métaux augmente avec le poli des surfaces, et il est dû à la réflexion presque complète des rayons lumineux qu'elles reçoivent.

Les métaux répandent le calorique avec une grande facilité, et ils possèdent, quoique inégalement, la propriété d'être bons conducteurs de l'électricité; de là vient qu'ils entrent comme éléments dans la construction de nos machines électriques.

Les métaux s'électrisenX par frottement, quoique d'une manière presque insensible, et l'espèce d'électricité qu'ils acquièrent dépend de la nature du frottoir. Ils exercent les uns sur les autres, lorsqu'on les met en contact, un^ action électro-motrice, qui les constitue dans des états électriques différents. Enfin ils s'électrisent par leur contact avec les substances résineuses, et alors ils acquièrent toujours l'électricité négative.

Les métaux ont plus ou moins de tendance à se combiner avec l'oxigène. Cette combinaison eqgendre des oxides métalliques , dont la plupart forment des sels, proprement dits , en s'unissant étroitement avec les acides. Quelques métaux s'oxident si facilement, qu'il faut les garantir du contact de l'air si l'on veut qu'ils conservent leur brillant et leur solidité; tels sont le fer,, le plomb, l'étain, le cuivre, qu'on ne défend bien de l'influence de l'air qu'en les couvrant d'un vernis. D'autres, tels que l'or et le platine, ne souffrent de la présence de l'air aucune altération sensible.

Tous les oxides métalliques se montrent sous forme de poussière, ou du moins ils sont si fragiles, qu'on les réduit très facilement en poudre; Us présentent différentes nuances

T. XI. LES THOIS rèoites, u. 3

de couleur, depuis le blanc et le gris, jusqu'au brun et au roug;e foncé.

On ne connoissoit, avant le quinzième siècle, que sept métaux: l'or, l'arguent, le fer, le cuivre, le plomb, Fétain et le mercure. Depuis cette époque, le nombre des métaux s'est considérablement agrandi; on en connoit aujourd'hui trente-neuf. Les propriétés de la plupart d'entre eux sont décrites dans ce poëme avec une élégante précision.

Les métaux exercent sur l'eau une action qui est différente dans différents métaux , et qui varie dans le même métal suivant les circonstances. Les uns décomposent l'eau à froid , pourvu qu'on leur donne le temps nécessaire pour effectuer la décomposition : tels sont le fer, le zinc, et le manganèse; d'autres, tels que l'antimoine et l'étain, ne peuvent décomposer l'eau que lorsqu'ils sont incandescents; ceux-ci ne pouvant décomposer l'eau ni à froid ni à chaud, lorsqu'ils agissent seuls, la décomposent par l'intecmédiaire des acides , quelquefois même des alcalis. Le cuivre, le bismuth et le plomb appartiennent à cette classe. Il en est enfin qui ne peuvent, dans aucune circonstance, opérer la décomposition de Feau : tels sont For , le platine , le mercure.

Une des propriétés les plus remarquables des mélaux , c'est leur tendance à se combiner avec les acides; mais cette combinaison ne peut s'efïectuer que lorsque les métaux sont plus ou moins oxîdés : de là vient que ceux des oxides métalliques qui y sont dîssolubles, se dissolvent lentement et sans effervescence. Celle-ci est due à ce que les métaux, augmentant tout-à-coup d'attraction pour Foxigène, par le contact des acides, déterminent le dégagement d'un autre principe qui prend la forme de gaz. Ce principe provient ou des acides ou de Feau. Dans le premier cas, il est quelquefois différent , suivant les acides ; dans le second , c'est toujours du gaz hydrogène qui se dégage. 11 arrive quelquefois que Facide et Feau sont décomposés à-la-fois par le

meta], et alors, ou il se dégage deux gaz mêlés, ou les deux principes de ces gaz s'unissent ensemble et produisent un nouveau composé.

Les propriétés dont il s'agit dans cette note sont communes à tous les métaux, mais dans différents degrés d'activité et d'énergie.

(9) Le fer cultÎTateur et le bronze qai tonne.

De tous les métaux que la nature a répandus sur l^^rre avec plus ou moins de profusion , le fer est sans doute le plus abondant, et en même temps le plus utile à l'humanité. Il n'est aucun peuple, tant soit peu industrieux, qui ne l'ait connu, et qui ne l'ait fait servir à différents usages. Les arts lui doivent leur naissance , et la rapidité de leurs progrès; sans le fer ils seroient peut-être encore dans l'enfance.

Les usages du fer sont immenses , et si généralement connus , qu'il est inutile d'en parler avec détail. Son extrême dureté le fait servir utilement à user, limer les pierres, et sur-tout les autres métaux. Sa grande élasticité lui a obtenu la Jiréférence dans la fabrication des ressorts, et sa ductilité est si considérable, qn^on fait des fils de fer d'une étonnante ténuité. Un fil de fer d'un dixième de pouce de diamètre supporte, sans se rompre, un poids de quatre cent cinquante livres; ce qui rend sensible son extrême tenacite.

Le fer est un des meilleurs conducteurs de l'électricité ; de là vient qu'on Femploie dans la construction des paratonnères.

Le fer jouit éminemment de la propriété d'être attirable à l'aimant. On croyoit même, il n'y a pas long-temps, que cette propriété lui étoit particulière; il est reconnu aujourd'hui que tous les corps de la nature la partagent, quoique d^une manière très in<%ale.

Deux barres de fer, posées dans une situation verticale, s^aimantent entre elles ; elles s'aimantent aussi par la percussion ou par une décharge électrique. Le meilleur moyen consiste à les frotter toutes deux, dans le même sens, contre un aimant naturel ou artificiel.

Le fer s'unit au soufre, et il en résulte du sulfure de fer, ou pyrite; il s'unit au carbone, et suivant les proportions des composant, on obtient du carbure de fer ou de Tacier; beaucoup de carbone et peu de fer forment, par leur union, du (^bure de fer; beaucoup de fer et peu de carbone, donnent de l'acier par leur combinaison.

On regardoit autrefois le fer comme le métal le plus infusible; aujourd'hui il est bien reconnu que le manganèse et le platine exigent une température plus élevée pour être mis en fusion.

La combustibilité du fer augmente avec la température. Si l'on jette de la limaille de fer dans un brasier ardent, elle brûle avec des étincelles et des décrépitations très sensibles. La même chose a lieu lorsqu'on la fait tomber sur la flamme d'une bougie.

Le fer exposé à l'air, et sur-tout à Fair humide, est de tous les métaux celui qui éprouve la plus forte et la plus prompte altération. Il se convertit en rouille, passe peu à peu à l'état de poussière jaune, et finit par se détruire : de là vient que l'oxide de ce métal est si abondant dans la nature.

Le fer décompose l'eau lorsqu'il est incandescent, et alors on obtient séparés les deux principes constituants de ce liquide, l'hydrogène et l'oxigène. Cette vérité repose sur des expériences si généralement connues et si décisives, qu elle ne trouve aujourd'hui aucun contradicteur.

Le fer décompose l'acide nitrique avec une grande activité; il s'oxid« en rouge brun , et détermine le dégagement du gaz nitreux.

L'acide sulfurique concentré n'a presque pas d'action sur

le fer. Si on le fiait chauffer sur ce métal , il éprouve une décomposition proportionnée à la ten^pérature à laquelle on relève, et à sa continuité.

L'acide muriatique ou hydro-chlorique liquide agit sur le fer d'autant plus rapidement qu'il est moins concentré. Dès le premier contact de ces substances , il s'établit une vive effervescence qu'accompagne toujours le dégagement d'une quantité considérable de gaz hydrogène.

("*) Et ce métal docile oùl l'onde s'emprisonne.

Le plomb, dont on fait les tuyaux de fontaine, les réservoirs, etc., parceque l'eau ne l'oxide point.

('*) L'ëtain, l'argent, et l'or qui brille sans rivaux.

LÉTAIN.

L'époque de la découverte de l'étain est inconnue, comme celle de la découverte du fer. Celui-ci est répandu par-tout; on n'a encore trouvé l'étain que dans quelques régions. Ses plus belles mines sont dans l'Inde, en Angleterre, en Allemagne, et en Espagne.

L'étain pur est d'une couleur blanche presque aussi belle et aussi éclatante que celle de l'argent. 11 s'étend bien en lames, et se tire mal en fils. Plié en différents sens, il fait entendre un craquement, qu'on appelle cri de l'étain.

L'étain est un des métaux les plus mous. Sa qualité sonore est foible. U a peu d'élasticité, peu de ténacité, et beaucoup de ductilité. C'est un des métaux les plus dilatables par le calorique. Mussembrok a exposé un petit cylindre d'étain, de six pouces de longueur, à la chaleur de l'eau bouillante, et le métal a éprouvé une dilatation égal^ à cent soixante-quatre. Après le mercure, l'étain est le plus fusible des métaux.

A la température ordinaire, Fétain n'exerce aucune action sensible, ni sur le g^az oxigène, ni sur l'air sec; il n'a- Q\t pas même sur ces çaz humides; aussi conserve-t-il tout son brillant dans son contact avec l'atmosphère.

A une haute température l'étain s'oxide, et son oxide bien pur est d'un gris blanc. Il pèse un quart de plus que le métal.

En calcinant fortement l'étain, on fait la potée d'étain, qui sert à donner aux glaces un certain poli. L'opération devient plus prompte par l'addition d'un peu de plomb.

Combiné avec le cuivre, dans différentes proportions, l'étain forme l'alliage des cloches et des canons; réduit eu feuilles très minces, et allié au mercure, il sert à mettre les glaces au tain. C'est en recouvrant la tôle d'étain qu'on fait le ferblanc, et l'étamage ordinaire consiste à appliquer sur le cuivre une couche très mince d'étain.

L'étain est un des métaux les plus propres à répandre l'électricité; aussi est-il souvent employé à garnir les conducteurs, et les bouteilles de Leyde.

On fait avec de l'étain et du mercure un amalgame qui , appliqué sur le frottoir de la machine électrique, lui donne une grande activité. On fait aussi servir au même objet un amalgame de zinc et de mercure , qui dans ces derniers temps a obtenu la préférence.

L'étaifi s'unit au soufre. Il n'agit point seul sur l'eau à froid, au moins d'une manière sensible; mais par l'addition d'un troisième corps il opère, dans certaines circonstances, la décomposition de l'eau, en absorbe l'oxigène, et en dégage l'hydrogène.

A l'aide du calorique, l'étain décompose facilement l'acide sulfurique un peu concentré. Il se dégage du gaz acide sulfureux, et le métal est fortement oxidé.

L'étain attaque vivement l'acide nitrique. Le métal est transformé en un oxide du plus beau blanc.

DU ÇHJiNT V. 39

L'acide muriatique ou hydro-cUorique, concentré et fumant, agit avec activité sur Tétain, et de tous les acides, c'est celui qui le dissout le mieux. Cette dissolution s'opère même à froid, ou à Faide d'une douce chaleur.

l'argent.

L'argent est remarquable par une blancheur éblouissante, et par un brillant dhine grande vivacité. Sa dureté l'a fait placer entre le fer et l'or. Elle augmente par l'action du marteau , ou par la pression. Son élasticité est assez considérable, et sous ce rapport, il est placé entre l'or et le cuivre.

La ductilité de l'argent est très grande. On en fait des feuilles très minces, et des fils d'une étonnante 'ténuité. Cest sur cette prodigieuse extensibilité qu'est fondé l'art du batteur d'or et d'argent.

L'argent est un des meilleurs conducteurs du calorique et de l'électricité. Le frottement lui donne l'électricité positive. Par son contact avec le zinc, il prend l'électricité n^ative.

L'argent, soumis à l'action du calorique, se dilate, et sa dilatabilité, un peu moindre que ceUe de l'étain, est plus grande que celle du fer.

L'argent dilaté par la chaleur, et passé ensuite au feu jusqu'à l'incandescence , se ramollit et coule. Lorsqu'il est fondu, si on en laisse écouler une portion liquide, on l'obtient crystallisé en pyramides quadrangulaires, ou en octaèdres. La surface de l'argent bien fondu est si brillante, par la quantité des rayons lumineux qu'elle réfléchit, qu'on croit en voir sortir des étincelles. En bouillonnant , l'argent s'élève en vapeurs , et parott animé d'un mouvement circulaire, quand on le tient quelque temps fondu au foyer d'un verre ardent. Une lame d'or, exposée à cette vapeur, est promptement recouverte d'une couche d'argent, qu'on peut brunir par la pression.

m N<frES

L'argent pur, exposé à Tair, n'éprouve aucune altération sensible. Il devient moins vif et un peu terne à sa surface , mais il ne s'oxide point.

Lorsqu'on combine des lames d'argent avec des plaques de zinc, dans la construction des piles voltaïques, Foxidation de l'ai*gent, quoique moins forte que celle du zinc, se manifeste de la manière la moins équivoque.

L'argent s'unit au soufre, au phosphore, et à toutes les substances métalliques. Le plus utile des alliages qu'il forme est celui qu'il fkit avec le cuivre. Celui-ci donne à l'argent plus de dureté , et le rend ainsi plus propre à la fabrication des vases, des monnoies , etc.

L'alliage de l'argent avec le cuivre présente un phénomène remarquable. L'alliage a la couleur blanche de l'argent, quoiqu'il contienne une quantité considérable de cuivre, ensorte que celui-ci est enveloppé de manière qu'il ne devient sensible que par des opérations chimiques. Newton soupçonnoit que les particules des métaux blancs ont plus de surface que celles des métaux jaunes, ou rouges, et qu'étant en même temps très opaques, elles recouvrent le cuivre, sans permettre à la couleur de ce métal de percer à travers la leur.

L'argent et l'eau n'exercent, l'un sur l'autre, aucune action, à quelque température qu'on les élève, et quelle £[ue soit la durée de l'action de la chaleur.

L'acide nitrique est le véritable dissolvant de l'argent. Si l'on plonge dans cet acide, ni trop ni trop peu concentré, des lames d'argent , il y a effervescence et dégagement de gaz nitreux. L'argent s'oxide et se dissout à mesiu'e dans une portion d'acide.

l'or.

L'or est regardé comme le plus beau et le plus brillant des métaux. Sa couleur jaune n'est pas constante. Tantôt il se montre sous la couleur de jaune-blanc; tantôt sous

celle de jaune-pàle. Quelquefois il est jaune- vert ; on en trouve aussi de jaune-rouge. Mais il est probable que ces différentes nuances de couleur ont pour cause la présence de quelques métaux, qui altèrent Phomoçénéité de l'or.

Aprè^le platine, For est le plus pesant de tous les métaux connus; il est peu sonore, peu élastique, mais il jouit d'une g^rande ductilité. Une once de ce métal peut dorer un fil d'argent de quatre cent quarante-quatre lieues. Réduit en feuilles très minces, un grain d'or peut couvrir une surface de quatorze cents pouces carrés.

L'or est bon conducteur du calorique et de l'électricité. Il n'a ni saveur, ni odeur; sa ténacité est très grande. Un fil d'or d'un dixième de pouce de diamètre soutient, sans se rompre, un poids de cinq cents livres.

Le contact de l'air, ne fait éprouver à For aucune altération; c'est le seul métal qui conserve dans Fatmosphèrc tout son éclat, tout son brillant, sa couleur, et sa pureté. La chaleur ardente des fournçaux tient l'or dans un état de fusion, sans Faltérer et sans en convertir une. seule parcelle en oxide. Il faut, pour Foxider, l'exposer au foyer d'une très forte lentille, ou lui faire éprouver l'influence d'une violente décharge électrique.

L'or forme, avec la plupart des substances métalliques, des alliages dont le plus utile est celui qui résulte de son union avec le cuivre. Cet alliage est celui qui donne le plus de fermeté et de dureté à For, trop mou par lui-même pour être employé, seul et pur, aux fabrications auxquelles on le destine. Suivant Mussembrok, la proportion qui donne à l'or, la plus grande fermeté, sans diminuer sensiblement sa ductilité, c'est celle d'une partie de cuivre sur sept d'or. Cet alliage est plus fusible que For; aussi sert-il spécialement à' souder les pièces de ce dernier métal leaiunes avec les autres.

Si l'on veut purifier For, et le débarrasser entièrement

i2 NOTES

du cuivre qui altère sa pureté, on le traite par la eoupeliation avec le plomb. Ce dernier métal, en s'oxidant et se vitrifiant, entraine facilement le cuivre. Celui-ci s'oxide en même temps, et se combine avec le verre de plomb, qui le fait passer dans les pores de la coupeUe. On emploie aussi quelquefois le nitrate de potasse, qu'on jette sur le métal allié en fusion; niais ce procédé nVxtrait que difficilement tout le cuivre uni à For.

L'or n'exerce aucune action sur IVau, à moins que ces deux corps n'éprouvent en même temps l'influence d'une déchargée électrique; alors même ce n'est point l'or qui opère la décomposition de l'eau, c'est l'électricité qui détermine la séparation de ses deux éléments, dont l'un, l'hydrogène, se dégage, tandis que l'autre, l'oxigène, s'unit au métal et l'oxide.

L'acide sulfurique, le plus concentré, n'exerce sur l'or aucune action , même à l'aide de la plus forte chaleur.

L'acide nitrique', très concentré, attaque l'or, mais il ne le dissout que difficilement, et en petite quantité.

L'acide muriatique ou hydro^chlorique ne porte aucune atteinte, ni à l'or, ni à son oxide pourpre; mais, si l'on mêle cet acide avec de l'acide nitrique, l'acide mixte, que forme ce mélange, attaque l'or avec une grande activité, et le dissout.

(") Et ce noaTeaa métal, le plus loard des métaux , Que long-temps k nos yeux déroba la nature.

Et de nos arts féconds la richesse future.

Le platine. On ne l'a trouvé jusqu'à présent que dans les mines du Pérou, sous la forme de grains grisâtres, mélangés d'un sable noirâtre. Plusieurs métaux y sont combinés avec lui, «t il a fallu trente années de recherches pour apprendre à l'en débarrasser. C'est sur-tout par le moyen de l'arsenic qu'on y parvient. Le platine pur est plus lourd

et aussi inaltérable que l'or; sa couleur aTpproche de celle de Fargfent, et sa dureté de celle de Facier, dont il prend aussi le beau poli. Il joint à tous ces avantages ceux d'être parfaitement malléable et de résister au plus £[rand feu. Toutes ces qualités rendent le platine extrêmement précieux pour des vases de chimie, des miroirs de télescopes , et en g^énéral pour tous les instruments auxquels on veut donner un grand fini et une longue durée. M. Vauquelin vient de découvrir récemment qu'il entre quelques parcelles de platine dans certaines mines d'argent de l'Estramadure.

(*') Et le mercure enfin , qai , c<Ana par toa poids , En globales roulants glisse et fuit sous nos doigts.

Le mercure, métal toujours fluide h la température ordinaire de nos climats, a le brillant et la couleur de l'argent. La plus légère pression détermine la séparation des molécules qui le composent. Elles doivent à la forme sphérique leur extrême mobilité. Leur ténuité est si grande , qu'on ne peut souvent les distinguer qu'à l'aide du microscope.

La forme des molécules du mercure est sphérique, comme celle de tous les liquides, mais elle est accidentelle, comme la liquidité qui lui donne naissance. Gavendish a prouvé que Iç mercure devenoit solide à trente- un degrés cinq dixièmes au-dessous de zéro, du thermomètre de Réaumur. Le 5 janvier 1705, on opéra, à Paris,* la congélation du mercure, par un froid artificiel de trente-un degrés audessous de zéro ; au moment que la congélation eut lieu , celui qui tenoit à la main le tube de verre, renfermant le mercure, sentit une légère secousse produite par une retraite subite du métal figé, et l'on observa , dans le mercure, une cristallisation en très petits octaèdres. Ce mercure, battu sur un tas d'acier et avec un marteau refroidi à dix-sept degrés au-dessous de zéro , s'applatit considérablement , et présenta une ductilité assez prononcée.

/i4 NOTES

• Le mercure est un très bon conducteur du calorique. C'est en vertu de cette faculté conductrice qu'il paroit si froid quand on y plonge la main, et cela vient de ce qu'il enlève promptement, et par un grand nombre de pomts, le calorique de la peau^

Le mercure est très sensible à Faction du calopîque; il se dilate, et la dilatation qu'il éprouve est assez constante dans sa marche. Cest sans doute un des principaux motifs qui lui ont obtenu la préférence sur l'alcool /dans la construction des thermomètres. A cet avantage le mercure en joint un autre. En vieillissant il ne perd aucune de ses propriétés, tandis que, par le laps du temps, Falcool perd une partie de son élasticité, ce qui le rend moins propre à mesurer exactement les variations de la chaleur.

Lorsque le mercure est pénétré par une quantité de calorique d'environ cent quarante degrés, du thermomètre de Réaumur, il se volatilise. Si l'opération a lieu dans des vaisseaux fermés , et si l'on, condense la vapeur pas l'eau froide, le mercure recouvre la liquidité sans avoir souffert la plus légère altération chimique. Boerhaave a distillé du mercure cinq cent dix fois de suite, et il a cru remarquer que ce métal étoit devenu plus brillant, plus pesant, et plus fluide qu'il n'étpit auparavant; ce qui sembleroit annoncer que ses propriétés physiques ont éprouvé quelque atteinte.

Le mercure s'oxide en noir , à une très basse température , lorsqu'on l'agite avec le contact de l'air. Il s'oxide en rouge, d'une manière complète, si on Iç fait bouillir pendant plusieurs mois de suite dans un appareil convenable. L'oxide de mercure rouge, ainsi obtenu, contient environ un dixième de son poids d'oxigène. Chaufïé fortement dans des vaisseaux fermés, à l'appareil pneumato- chimique, il donne du gaz oxigène pur, et recouvre son brillant métallique. Si l'on observe avec soin les phénomènes de sa réduction, on le voit brunir à mesure qu'il cède son oxigène a**

calorique, et il reste souvent quelques parcelles d*oxide

noir dans là cornue qui a servi pour cette opération.

Le mercure, combiné avec le souffre dans le rapport de

sept à un, donne le cinabre.

(*4) Le tung-siéoe grisâtre...

Le tungstène, nommé scheelin par Haiiy, est un des demi-métaux reconnus de noti*€ temps. Scheele Fa découvert combiné à l'état d'acide, avec de la chaux ^ dans certaines pierres pesantes jaunâtres, que Ton avoit prises longtemps pour des mines d'étain; on le trouve aussi dans une substance noirâtre et luisante nommée wolfrcun par les Allemands. Il n'a pas encore été possible de le réduire complètement à son état métallique.

('^) Et l'aneDic rongenr...

\2arsenic est un demi-métal, très anciennement connu, dont l'oxide est le plus violent de tous les poisons. A l'état pur, sous lequel on le trouve le plus souvent, il est noirâtre, se réduit facilement en poudre, et s'emploie d'ordinaire pour faire périr les mouches. Exposé au feu, il se volatilise promptement et répand une forte odeur d'ail. Malgré ses qualités venimeuses, on dit qu'administré avec prudence l'arsenic est un remède pour certaines fièvres

intermittentes.

(>6) Qui da caÎTre bUnchi dégaise la rougeur,

Et par deux attentats sert, doublement perfide, ' Le monnoyeur cot^|pable et le lâche homicide.

L'arsenic mêlé au cuivre donne cette composition blanche nommée vulgairement argent haché. On a pu abuser quelquefois de cette propriété pour faire de la fausse

monnoie.

m NOTES

(■7) Mais qui, par ses couleurs réparaot ses forfails , A DOS arts innocents prodigue ses bienfaits.

L'arsenic, combine avec plus ou moins de soufre, donne

Forpin jaune et Torpin rouçé, deux couleurs indispensables

en peinture.

('*] Ailleurs c'est le nickel...

Le nickel, métal blanc ,' brillant , peu répandu dans la nature, et de nul usage dans les arts. Ce qu'il a de plus remarquable, c'est d'attirer Faiguille aimantée et de s'aimanter lui-même comme le fer. On en trouve quelques parcelles dans les pierres tombées de l'atmosphère.

(■9) Le douteux molybdène ,

Dont nul ne connoissoit la substance incertaine , En grains noirs et brillants se montrant à nos yeut , S'ëvaporant à l'air, et résistant aux feux.

On donne ce nom à une substance grise, brillante, onc»

tueuse , et assez semblable à la plombagine , vulgairement

dite mine de plomb, dont on fait les crayons. C'est une

combinaison de soufre et d'an demi-métal particulier qui

n'a pas encore été complètement réduit par les opérations

de la chimie.

{*") Le cobalt, qui de Tart sujet involontaire. Garde dans le creuset sa roideur réfractaife. Et par les feux ardents lentement pénétré , Se fond avec le verre en fluide axuré.

C'est le cobalt vitrifié qui donne ce bel émail bleu dont on peint la porcelaine et la faïence. Sous cette forme on ne peut l'employer dans la peinture à l'huile ni dans la miniature; mais M. Thénard, en le combinant avec l'acide phosphorique, vient d'en fabriquer un bleu qui remplace,

à peu de chose près, Youtre'mer, et qui est infiniment

moins cher.

(") Le bismuth pen ductile et peu rebelle aux flammes. Qui se forme en cristal et se déploie en lames.

Le bismuth y demi -métal très fusible; mêlé à de Tétain il forme l'alliage de Darcety qui se fond à une chaleur moindre que celle de Peau bouillante. 11 entre dans la composition des caractères d'imprimerie , et sur-tout dans celle des clichés stéréotypes, cette invention si précieuse qui portera jusque dans les plus pauvres chaumières les conceptions du génie.

{") Le mangauèse à peine entame par les feux.

Mais au contact de l'air tombant en grains poudreux.

** Demi-métal qui s'oxide par le contact de Fair. En petite quantité il sert à blanchir le verre et les glaces; plus abondant, il les teint en violet. Cest lui qui donne l'émail brun et noir pour toutes les poteries.

(**) Et le zinc indien , qui, lorsqu'un grand théâtre Étale à tout Parts ces jeux qu'il idolâtre , De si riches couleurs, de rayons si brillants , Pare ces faux soleils dans l'ombre pétillants , Dont Tivoli plaintif à regret s'illumine...

Demi-métal très combustible. On le fait entrer dans les feux d'artifices pour produire ces flammes blanches et brillantes, connues sous le nom de feux du Bengale. Mêlé au cuivre, il donne le laiton et le similor. Il est devenu récemment célèbre par sa qualité d'être plus favorable que tout autre métal à l'énergie des phénomènes galvaniques.

Tivoli. Jardin planté autrefois par M. Boutin, et employé, depuis la révolution , à des fêtes auxquelles le public

est admis pour de l'argent.

(*^) Et rantimoioe enfin , utile aux animaux ;

Proscrit par des arrêts , ordonné par nos maux ,

Et qui , de Tains débats , source long-temps féconde ,

Avant de le guérir scandalisa le monde.

Demi-métal qui s^emploie de plusieurs façons en médecine, et suMout comme émctiqiie, dans sa combinaison avec le tartrite de potasse : c'est ce que Ton nomme communément tartre antimonié. L'introduction de ce remède dans la pratique produisit, comme on sait, les querelles les plus ridicules, qui durèrent presque pendant tout le dixseptième siècle. Plusieurs médecins furent persécutés à son occasion par la faculté; un arrêt du parlement en proscrivit Fusaçe. La vaccine a eu moins de peine à s'établir: c'est à-la-fbis une preuve du progrès des lumières, et un effet de la suppression des corporations exclusives.

C^) Peintre des minéraux, de nos plus belles âeurs 11 distribue entre eux les brillantes couleurs; L'émeraude par lut d'un beau Tert se colore , n transmet au rubis la pourpre de l'aurore ; Quelquefois du plomb vil fidèle associé , Teint d*un vif incarnat son obscur allié ; Tantôt rival beureux des couleurs japonaises , Avant qu'elle ait de Sévre enduré les fournaises, 11 peint la porcelaine ^ et lui prête à nos yeux Ces fonds verts et brillants qui résistent aux feux. Notre siècle en est fier, et , par un juste bommage , Un jour de Vauquelin y gravera l'image.

Le chrome. Métal nouvellement découvert par M. Vauquelin. Son ozide est vert; c'est lui qui donne à l'émeraude la couleur qui la caractérise; il fournit à la porcelaine un bel émail vert foncé, qui supporte le plus grand feu; combiné avec une plus grande proportion d'oxigène, il s'acidifie et devient d'un beau rouge; c'est dans cet état qu'il teint le rubis balais en rose, et que, joint au plomb, il donne à la

peintare une couleur aussi vive cpie le minium, mais qui ne s'altère pas à Fair. »

(*6) Da monde minéral ëtonnanu yégëtaax ,

Les uns sont dessinés en bouquets , en rameaux. D'autres sont en plumage arrangés avec grâce.

Les substances minérales prennent les formes les plus variées et les plus délicates. On voit de Pargent en plumes, en cheveux, en paillettes; de Tantîmoine en longes aignillesii^u fer en cristaux brillants ou en herborisations déliées; du cuivre en velours dans la malachite, etc.

\*l) De spaths et de cristaux différenu de figure Omoient du noir lambris la brute ardiitecture.

Spath, nom allemand qui désigne différentes pierres cristallisées, mais qui appartient plus' spécialement au spath calcaire, ou cristal de carbonate de chaux ^ substance <^èbre depuis long-temps par la propriété de doubler les images que Ton r^arde à travers; propriété qui se retrouve dans d'autres pierres, mais que celle-ci a montrée la première. Au reste, ce spath ne diffère du marbre et des pierres à chaux les plus communes, que parcequ'il s'est

formé plus tranquillement.

('*) Des siédes et des eaux ouvrage naturel , Au milieu s'éleToit un magnifique autel , Que le suc minéral, distillé de la voûte.

En colonne d'albâtre a bâti goutte à goutte.

Le poëte désigne ici ce que l'on nomme stalagmite. Les eaux qui contiennent du carbonate calcaire en dissolution, le déposent quand elles paroissent à l'air et s'y évaporent. Ainsi quand elles suintent de la voûte d'une caverne, elles y forment des masses pendantes comme des glaçons, que l'on nomme stalactites. Quand elles sont, au contraire,

T. XI. LES TBOtt RJBOSXS. U. 4

assez abondantes pour que les gonttes en tombent jusqu'à terré, la matière calcaire s'y accumule en pyramides, qu'on a nommées stalagmites.

La pierre ainsi formée par dépôt porte le nom général d* albâtre y sur -tout quand elle conserve une demi-transparence.

Il y a une autre pierre de nîéme nom, mais de nature

gypseuse, et remarquable par sa blancheur : c'est elle qui a

fait proverbe.

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