N 0 U V EL L K EXTR A 0 R DI X A I RE
A BEKTIN
Tu connais lii jeune Constance Dont l'orgueil et l'indilTérence
Intimidaient l'Amonr, les Grâces, et les Jeux Sa pudeur send)lait trop farouche;
Rarement le souriro embellissait sa bouche:
NOUVKLLK KXTKAORDÏNAIRK 307
Rarement la douceur se peignait dans ses yeux.
Les uns admiraient sa sagesse :
« Tant de réserve à dix-neuf ans ! »
D'autres disaient: «L'Amour est fait pour la jeunesse; )) La nature à Constance a refusé des sens. »
Mais l'autre jour cette Lucrèce D'un mal nouveau pour elle éprouva les douleurs.
On dit que malgré sa faiblesse Elle sut retenir et ses cris et ses pleurs. Ce dangereux effort épuisa son courage ; De ses sens un moment elle perdit l'usage; Puis, en ouvrant des yeux plus calmes et plus doux. Elle trouva l'Amour couché sur ses genoux. Pénétrer ce mystère est chose difficile.
Les uns, sur la foi de Virgile,
Disent que ce petit Amour Au souffle du Zépliyr doit peut-être le jour *.
Mais d'autres avec éloquence Nous vantent le pouvoir de cette fleur sans nom Qui servit autrefois à la chaste Junon,
i. Virgile, parlant des cavales, Georg. iir, 272 :
Illœ,
Ore omnes versœ in Zephyrum, stanl nqiibus altîs, Exceptantque levés auras ; et sœpe sine uUis Conjugiis, vento gravidœ, mirabile dictu!... diffugiunt...
Lorsqu'au dieu des coml)ats elle donna naissance ' . Décide, si tu peux. Hierjai vu Constance;
Constance a perdu sa fierté.
Le cliagrin sur son front laisse un léger nuage,
Et la pâleur de son visage Donne un charme à ses traits plus doux que la beauté.
Sa contenance est incertaine ;
Ses yeux se lèvent rarement ;
Elle rougit au mot d'amant, Soupire quelquefois, et ne parle quà peine.