‹ ŒuvresChapitre 80 sur 164 · Vo\ez les hùijukements de \'énm, tableau xvur · texte numérisé non relu

Vo\ez les hùijukements de \'énm, tableau xvur

LKS FLEURS 183

De votre nom j'embellirais mes vers;

Mais quels parfums s'exhalent dans les airs?

Disparaissez, les roses vont éclore.

Lorsque Vénus, sortant du sein des mers, Sourit aux dieux cliarmés de sa présence. Un nouveau jour éclaira l'univers :

Dans ce moment la rose prit naissance ^ D'un jeune lis elle avait la blancheur; Mais aussitôt le père de la treille.

De ce nectar dont il fut l'inventeur Laissa tomljer une goutte vermeille.

Et pour toujours il changea sa couleur-. De Cythérée elle est la fleur chérie, Et de Paphos elle orne les bosquets; Sa douce odeur, aux célestes banquets.

Fait oublier celle de l'ambroisie; Son vermillon doit parer la beauté ;

1. C'est Anacréou qui i^lace à ce moment la naissance de la rose, dans son ode li ou lui, où Parny a pris aussi les détails qui suivent, mais en les altérant un peu. Dans Anacréon, il n'est pas parlé du nectar de Bacchns , mais du nectar des dieux , lequel était rouge. Millevoye a fait la même faute, et on doit la lui reprocher plus qu'à Parny; car il traduisait, et Parny n'a pas la prétention d'être traducteur.

2. Dans la Jounire Cluimpr/re, p. 163, il a donné une autre origine à la couleiu vermeille de la rose.

C'est le seul fard que met la volupté ; A. cette bouche où le sourire joue Son coloris prête un diarnie divin : Elle se mêle aux lis d'un j(tli sein ; De la Pudeur elle couvre la joue.

Et de l'Aurore elle rougit la main ^ Cultivez-la cette rose si belle; Vus plus doux soins doivent être pour elle. Que le ciseau dirigé par vos doigts Légèrement la blesse quelquefois ; Noyez souvent ses racines dans l'onde; Des plants divers faisant un heureux choix, Préférez ceux dont la tige féconde Renaît sans cesse et fleurit tous les mois.

Songez surtout à ce bosquet tranquille

Où notre amour fuyait les importuns ;

Conservez-lui sun ombre et ses jiai'fums :

A mes desseins il est encore utile.

Ce doux espoir dans mon cœur attristé.

Vient se mêler aux chagrins de l'absence.

Ali ! mes ennuis sont en réalité.

Et mon bonheur est tout en espérance!

1. Les anciens poètes disaieut : « TAiirore aui doit^ts de rose. » Pamy a pris encore celte idée dans Anacréon.

ISNEL ET ASLÉGA

rOEME EN QUATRE CHANTS

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