‹ Œuvres facéticusesChapitre 107 sur 239 · Ceci est de l'ornithoscopie · texte numérisé non relu

Ceci est de l'ornithoscopie

ou Contes nouveaux. 149

vous compareray je mieux qu'à un joueur de Luth ? Le joueur de Luth, ayant sa tabulature devant lui, son bonnet haucé ou sans, bien et ententivement regardant Tacord de l'instrument, commence par une désespérée agonie à entrecroiser ses doigtz, eslargir sa main, pour plus prendre d'acordz, supliant» l'adresse du doigt par un certain mouvement de bouche, par un honneste allongement de museau, par une morsure de lèvre outre le point de bonne grâce, par un contour excellent du menton, tirant parfois la langue à quartier, enfonçant ses sourcilz, serrant de rage les dens ; puis, tout à un coup, laissant les outilz, se gratte Toreille gauche avec un regard essoré 2, et s'il est lunatic, le pauvre Luth est fecé J.

Mort de diable, dit Eutrapel, qui est ce mélancolie icy? qui m'a amené ce resveur? quel dissimulateur de vérité! quelle mine il fait! u le vouloit aller aborder, quand son compagnon, qui avoit peur de telles grimaces, le retint, luy allegantc^ue ce pouvoitestre quelque Philosophe, qui deschiffroit car nombres l^armonie des corps supérieurs, ou bien estre quelque Vaudoyeur, ou Sorcier, faisant le circuit dans ses champs 4. Toutesfois, quel qu'il soit, sçavez vous pas (il allégua cecy davantage) que le plus grand tort

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