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Faîte

ou Contes nouveaux. 187

laine, et herbe au Charpentier ' ; toutesfois que par le derrière ilestoit apuyé d'un chevron pour le vent, le tout en forme d'arc boutant. Au dedans n'estoient fenestrages à l'antique, manquinages, lembrissemens, ouvrages Damasquins^, ne autres enrichissemens ; mais en lieu de telles pompes estoient force bonnes pièces de grosse estotte 3 pour serrer ses oustilz. Mais entrons en la maison devant. A l'entrée, en lieu d'escalier, * estoit le billot de bois plus bas que le seuil de i%uys, à fin que, sans se malaiser, on entrast facilement.

Entré, voyez justement près Thuys une cheville, à laquelle pendoit d'ordre, colliers, estulles 4, aguillons, fouëtz, paronnes$, brides, et semblables esquipages du mestier, et ce à main gauche ; de l'autre vous destoumant, comme si quelqu'un vous frappoit sur l'espaule, voyez (si le vouliez regarder, car de s'avancer tant) tout en juste ordre tant que l'un ne passoit l'autre, faucilles, vouges, serpes, fourches, leviers, socz, coutres, avec un boisseau plein de clouz, tenailles, marteaux, cordes, alesnes et menues

1. Ce nom a été donné à beaucoup de plantes champêtres : l'oseille rouge, le plantain lancéolé, la millefeuille, te séneçon commun, le cresson alénois. Torpin. C'est surtout l'orpin (sedum)y de la même famille que les joubarbes, qui crott sur les toits des chaumières.

2. Tous ces mots indiquent une riche .ornementation en sculptures et relief varié.

). De bois grossier.

4. Je lirais volontien ici ' estrilleSj vu Tensemble des objets catalogués.

5. Pièce de la charrue à laquelle on attelle les chevaux (Guichard).

i88 Balivbrneries

ferrailles, (]ui toutes servoient à mesnage, ainsi qu'aflFermoit le vilageois, interrogué pnncipalement sur cet article. De là en avant poussant outre, comme le naturel des hommes est insatiable, j'entends deux pas ou cela, trouveriez, si voyez ravoir affaire, une table de bonne estoffe, sans mignarderie >, sansouvraee, queplain, sur le bout de laquelle la touailTe, ou nape, ce m'est tout un^ estoit encore du reste du disner, comme voulant inviter et semondre » l'étranger, ou le las, se recréer et solatier ? avec elle : et ce qu'estoit dedans, c'estoit le bon pain nais et quelque lopin de lard restant du disner, en rien ressemblant ces beaux et magnifiques bastimens, où les yeux sont aucunement recréez,, mais le ventre crie à la fin à l'aide. Brief, ce n'est cas son gibier. Tirant vers le foyer, estoit un cofm^ auauel estoient.en élégante disposicion leshardes du Dourgeois champestre, comme chapeau, gibessiere, sa ceinture bigarrée, et dem^ ceint de sa femme, entremeslee d'odorante marjolaitie, et là dessus estoient les ecuelles de bois, voiieta 4 et un picher 5 de terre, vous appelez cestuy cy un pot à eau, une bue, ou un cruon, un tranchoir, ou selon la petite bouche une toude.

Baste. Le lit du bonhomme estoit joignant le

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