‹ Œuvres facéticusesChapitre 154 sur 239 · I . En face · texte numérisé non relu

I . En face

d'Eutrapel. 217

repeter ses premières protestations, et néantmoins qu'il se pourvbiroit où et comme il voiroit en raison appartenir, au fond qu'il se garderoit de mesprendre. Joinct qu'il apprendroit bien à ce galant le venir fascher jusques sus son fouyer, toutesfois vrayment, que s'il estoit regardé, car la robe longue ' craint les coups, n'a qu'une pointe, encore entre les murs, où elle faict bien le quant à moy, il pairoit pinte, sans préjudice de ses droits, et autres actions réservées. Polygame print la parole, blasmant quelque peu Eutrapel, de telle sorte toutesfois, que le ton homme Lupolde n'en estoit pas mieux : car, disoit il, encore que la chargç de l'Advocat, ou de l'homme de Justice Soit d'aider, ou favoriser le bon droit et l'équité de la cause, neantmoins âoit ou pour la nécessité du temps, ou ne congnoistre les commandemens et ordonnances de Dieu, les affaires sont venus en tel estât, qu'il ne nous reste que la seule ombre de Justice : la cause de tel mal venant premièrement des Prestres, et autres Ministres d'Eglise, qui ne parlent au peuple de ce qu'ils devroient, ains seulement de ce qui concerne et appartient à la gibessiere^ : puis comme l'un mal suit l'autre, des parties plaidantes, qui ne tendent qu'à leur avarice et entreprinses ambitieuses; et après aux officiers de Justice, lesquelz sont comparez par les Anciens aux Vautours, qui ne vivent que de la charongne des corps morts :

1 . Costume des magistrats du parlement. Les genâ de robe courte étaient les militaires.

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