‹ Œuvres facéticusesChapitre 168 sur 239 · Ici vacation veut dire vacance · texte numérisé non relu

Ici vacation veut dire vacance

-s,^ pr

nom propre et quMl s'aeit'i'ci du seigneur de Bresse, depuis duc e Savoie, beau-pere de Louis XI ; mais comme les diverses itions portent Brese^ il est plus probable qu'il faut lire Bresé (Brezé), Jacques, comte de Maulevricr, grand sénéchal de Normandie, qui avait épousé une fille de Charles VII et d'Affnés Sorel. Il la surprit en adultère, la tua et fut condamné! 100,000 écus d'amende envers Louis XI pour ce fait. Du Fail reparle plus loin du sénéchal.

2^4 Contes et Discours

faire recueil de la renommée et réputation des hommes de valeur^ doivent bien regarder et de près de quels tesmoignages ils s'aident en leurs informations, à ce que par telle nomination n'arrive que la pauvreté de celuy qui sera choisy ne le tienne en mespris, ou que sa richesse ne le rende nonchalant. Cicero à ce propos escrit que les Sénateurs de Rome usèrent de tel langage à Caton le Censeur fort vieil et caduc, le consultans sur la difficulté de deux hommes nommez pour estre Juges : Vous sçavez, dirent ils, que nous approchons du premier jour de Janvier, où nous avons accoustumé départir et establir les offices nouveaux, Moulius et Calidanus veulent estre Censeurs, que vous en semble? Je ne reçoy, dit le bon Caton, l'un, ne approuve l'autre : Moulius poursuit l'estat pour la conservation et ^arde de ses biens qui sont grands, et cela faict il sans affection, quoy cjue soit, telle qu'il appartient à la chose publique : Calidanus est trop pauvre, auquel cas y a fort crand danger : non que par là il blasmast la richesse ou pauvreté, mais il vouloit dire que Moulius estoit noté de trop prendre son plaisir, et Calidanus trop curieux d'amasser. Et entant que touche le nombre effréné et desreiglé d'offices tant de la Justice, qu'autres dont ce Royaume est notoirement remerqué {a), j'ay cuidé dire diffamé, et entre les autres nations noté d'excès et de prodigalité, faudra par nécessité que le Roy se depestre par une bonne et saincte reformation de tous estats, de telle vermine, qui est venue avec la nécessité

a. Var. : remarqué (1603).

d'Eutrapel. 235

du temps, à la semblance des chenilles, qui tombent avec les brouees 'et frimats : à rexcmple de Mathias Corvinus Roy de Hongrie, lequel estant marié avec la fille du Roy de Naples, son beau père luj dit qu'il convenoit à tel Prince

3ue luy d'avoir nombre de Jurisconsultes et gens e robe longue près sa personne, que cela rautboriseroit, et rendroit son règne grand, magnifique et excellent : car un notable précepteur de tyrannie tient pour maxime et fondement, Que la multiplicité et nombre d'offices et chiquaneurs, est un gros appuy pour asservir, crueliser, et esdaver > ses sujets : proposition très fausse, et une doctrine Turquesque et barbare : car où la bonne volonté deffaut, le Prince et ses sujets entrent en deffiance l'un de l'autre : dont sortent les esclats de rébellion, puis sont les rebelles punis, et en fin c'est une main dextre,

3ui coupe sa main gauche, un corps mis en eux, et en pièces, ({ui demeure bien souvent la proye d'un tiers, (jui voit jouer ces jeux, et, qui peut estre, a projette le théâtre, ou preste le Dois pour dresser l'eschaffaut de telle tragédie. Ce bon Mathias, pour reprendre le poinct, creut aisément ce beau coaseil, et mena avec lui une grande bande de ces bons personnages et Chiquaneurs en son Royaume de Pologne, là où il

Page 1