‹ Œuvres facéticusesChapitre 181 sur 239 · Ruiné, réduit à n'avoir plus que son pourpoint · texte numérisé non relu

Ruiné, réduit à n'avoir plus que son pourpoint

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saisons et les temps ont leurs maladies, qui estoit le plus avaricieux et chiche q^u'on ait jamais ouy parler : il se logeoit volontiers en une taverne, à ce que les parties eussent moyen de communiauer plus familièrement avec luy, estoit au* bout d une grande table remplie de poursuivans, faisant grand'chere à leurs despens, car tousjours estoit franc de l'escot et deffraié : jamais ne payoit rien, encore luy faisoit l'hoste quelque pension, que ce bon père en Dieu appelloit présent honneste. Il y avoit aussi un pauvre Gentil homme plaidant, auquel on dit que s'il vouloit avoir la raison et yssue de son procès, il lui convenoit foncer ' et bailler argent à ce maistre Président : que sans cela il avait beau le saluer, et présenter placets, qu'il n'y feroit rien non plus que le coq sur les œufs. Alors s'estant enhardy, il entre chez ce Juge, lequel il trouve en une chambre basse, avec un vieil serviteur, qui vendoit bien chèrement la porte : lui remonstra sa cause, fait tout plein de devoirs à la luy donner à entendre, et en concluant mit et posa fort humblement et avec grande cérémonie dix escus sur le bout de la table. Le Président qui enrageoit et se mangeoit le bout des doigts, qu'il ne les encoffroit : et d'autre costé se voulant depescher de l'opi-

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