‹ Œuvres facéticusesChapitre 28 sur 239 · Eût pu y boire après eux · texte numérisé non relu

Eût pu y boire après eux

ET FACECIEUX. 45

nestes gents se montrent où ilz sont, et qu^il luy en souviendroit par son Dieu. Puys, ayant les mains sur les deux hanches et en plorant, commençoit à belles injures; dequoyiepovre Robin rioit à pleine goree, disant qu^l congnoissoit bien le naturel de la Damoyselle, et que c'estoit une femme pour tous potages'; qu'elle avoit prins sa teste 2, que c'estoit un diable coiffé et encores pis : que le diable luy avoit forgé le moule à chaperon?, qu'il n'y avoit rithme ne raison en tout son affaire; que voir un homme ayant teste de cheval est chose fort estrange, mais une femme sans malice encore plus; et que la bonne beste sembloit au chien, qui cloche quand il veult : aussi que à poinct nommé elle ploroit, et que vrayment elle avoit un quartier de la Lune en la teste 4. Mais voyant qu'elle le commençoit à gaigner de paroles, et que desmeshuy5 n'y avoit ordre d'avoir patience, il commandoit que tout le monde s'allast coucher, et qu'il feroit bien son appointement : par ce moyen, au matin estoient plus grands amys que devant. Saint Quenet! dist alors Anselme, voylà bonne forme de quereller et d'appointer, que je ne voudrois toutesfois estre chez nous, et vous prie ne le dire à ma femme ; car trop lourdement se courrouceroit tous les jours avec moy; puis vous sçavez que je ne pourrois

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