‹ Œuvres facéticusesChapitre 68 sur 239 · Par dessus, se passer de permission · texte numérisé non relu

Par dessus, se passer de permission

ET FACECIEUX. lOJ

Couper l'esguillettç^ (ainsi que disent les maistres) est une manière de défi, ou bien d'un chartel, qu'ilz faisoient anciennement, coupans une esguillette par la belle moitié, et tandis qu'ilz estoient sans la renouer (comme un signe et renouvellement de colère) ilz se combattoient, la part où ilz se trouvoient, sans dire, qui a perdu, ou qui a ^aigné. Et n'estoit loysible la couper que pour justes, grandes, et favorables causes, comme de n'avoir payé son escot, ains sans dire mot à THoste s'en estre fiiy, faisant semblant de s'en aller {a) pisser ; n'avoir plegé » aucun quand il avoit beu à lui ; avoir joué oe faulse compa-

fnie^, comme dire: Attendez moyicy, jerevienray tantost, pour le seur, et n'y aura point de faute; avoir tiré la langue sur aucun, puisluy venir rire en la bouche ; avoir disné sans son compagnon, que premier n'eust esté appelé trois foissouz la table; avoir entré en une taverne, sans avoir baisé la chambrière, qui estoit vilainement fait, et n'y avoit propos autrement; avoir parlé du vieux jeu, incarnation ou ancien mestier, devant l'Hostesse, qu'elle ne l'eust entendu, ou eu quelque distribution après disner. Pour toutes lesquelles causes se trouva ceste coustume, qu'on appelloit vulgairement et notoirement incision, division, coupement, ou coupation d'esguillette. Revenuz quelque temps après de leur garnison (pour retourner à nos moutons) se portèrent tousjours mauvais visage, mesmes

a. Var. : D'aller.

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