‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotique (volume 2)Chapitre 155 sur 219 · vilains · texte numérisé non relu

vilains

d'Eutrapel. 265

et chacun se contente et suyve la trace et chemin de ses prédécesseurs : si le Prince en l'anoblissant ne l'affranchist, encore à cent ans après demeurera la cicatrice de telle qualité bastarde et illégitime : Comme n'estant de ce beau et premier sang et race ou racine divine, laquelle se recognoist en un vray Gentil-homme, fust il vestu de toile, au contraire d'un roturier, lequel accoustré fust en drap d'or, tient et sent tousjours les meurs et conditions trafiquantes, sanglantes, en son advantage, couardes, et qui incessamment regarde à gagner, profiter, tromper. Ce marchant, dit Polygame, estant refait et en argent, acheta un gros héritage et mestairie soubs le fief et jurisdiction de ce Gentil-homme : où faisant du compagnon, et abusant de familiarité, fut trouvé fort négligent tant à l'exhibition de soncontract, entrer en foy et hommage, que payer les ventes et lots, bailler son adveu et tenue, et faire autres redevances féodales : qui engendra en ce seigneur la revanche, dont vous orrez parler. C'est qu'ayant fait fueilleter et remuer son papier terrier', et tant exploité, que par adjournemens, contumaces, et jugemens, le Sire, nonobstant ses exceptions et subterfuges , est condamné, despens taxez, arrérages, fruits, et interests liquidez, et acte exécutoire délivré. Ce marchant avec ses finesses de la Guibray (qui est le rendez-vous des meschans complots et monopoles de toute la France) se voyant prins et glué, se présente au Gentil-homme, luy remonstre d'un plat de langue bourgeoise et affmee, une longue enfileure

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