‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotique (volume 2)Chapitre 163 sur 219 · Ecorchai · texte numérisé non relu

Ecorchai

28o Contes et Discours

le sommeil est un terrible rabateur de colères et fantaisies, acourt bien viste à mon cri et doléances, m'interroge. Je confesse, requiers pardon et proteste (ne rien valoir à l'advenir, dit une vieille barbue). La chambrière aussi interrogée respond n'avoir rien veu ny ouy, par sa foy, et qu'elle aimeroit mieux, hen ! Sur ces difticultez nos chambrières sont condamnées doresnavant se couvrir, et ne monstrer leur mau-joint : s'il n'y avoit point de cousteau, ja ne seroit besoin de gaine : le chat seroit maudit, si trouvant le pot descouvert, il n'y met la patte : et cela en bon langage s'appeller. Tendre au ' larron. Si les hommes n'estoient subornez par la veue d'un tas d'affetteries que les sottes leur monstrent, jamais ny songeroient les pauvres créatures. Je le vous pardonne, mon ami, mais n'y retournez pas : et de ma part je ne ferayplus la restive : etnevous esconduiray jamais, n'eusse je qu'un doigt de vie : et pour accorder, et en recompense, me traita et guérit. Et bien, Madame, fut il jamais mal dit, que le droit à bon besoin d'aide ^ j'estois confisque et bien loin de mon conte, si je n'eusse parlé. Pour tout ce ne cessoient les vieilles marmoter et gronder : et luy, craignant que de m.ain en main ne courust un mauvais vent sur luy, se retirant, leur dit : Dames, voulez vous estre aimées, chéries, et caressées de vos maris, en faire comme des choux de vos jardins , les manier comme il vous plaira, et les retirer des vices et imperfections qu'ils pourroient avoir, et que plus vous craignez : de grâce, croyez moy, faites leur

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