‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotique (volume 2)Chapitre 38 sur 219 · I . Celui qui met les poules couver · texte numérisé non relu

I . Celui qui met les poules couver

d'Eutrapel. 71

joieusetez et tromperies qu'ils s'entrefaisoient : Hervé d'Olim ic'estoit le fermier; le donnant tousjours gaigné à son maistre, avec lequel il debatoit non en compagnon, mais avec un familier respect, ayant regard sans cesse que l'œil de son maistre ne se courrouçast : car plusieurs sont tombez beau saut, pour avoir abusé de familiarité entre les grands, d'autres de qui on ne dépend, y a bien peu de regard ; s'il est plus riche que moy, disoit Baltin, qu'il torche son cul deux fois. Un soir que le Gentil homme venoit à sa maison, dit à ses gens qu'ils l'attendissent assez loignet ', et qu'il vouloit faire peur à son fermier, sous ombre qu'on disoit y avoir des brigans et voleurs aux environs : et seulement accompagné d'un sien homme, entre furieusement en la cour, l'espee au poin, jurant, tempestant, et criant, tue, tue. Hervé, qui se tenoit préparé contre le bruit et renommée de ces voleurs, avoit trois ou quatre gros valets embastonnez de longs vouges, perches, brocs - ferrez : desquels ils chargeoient sur ce Monsieur, et l'eussent grandement offencé, n'eust esté le fermier qui le recogneut, sans toutes fois luy en dire mot, ains seulement luy faisant voye pour fuir, et se mettant au devant de ses valets, aux mains desquels n'y avoit aucune espérance de miséricorde, non plus qu'aux muets du Turc. Le Seigneur retourné à ses serviteurs plus viste que le pas, leur cela le fait, et se voiant en danger coucher à l'enseigne de l'es-

i.-Un peu à l'écan.

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