Minutas, menu peuple. Du Cange écrit menuaille
ou Contes nouveaux. 191
que disoient les Maistres, n'estoit fondé qu'en faveur, qui portoit que, supposé et qu'à la vérité ainsy fust que Jupiter de sa grâce ne renvoyast jamais tel quel requérant non contant, ains autour de ses demandes, moyennant que raisonnables, satisfait, que elle, neantmoins que indigne, ayant besoin de son ayde, avoitpris l'audace, conjointe peult estre avec témérité, luy présenter, pour sur ce luy faire droit, sa suplication assez mal escrite; mais qu'il excusast l'impuissance des doigtz, qui aussi ne tendoit qu'à une fin accoustumee : c'est que, combien qu'elle eust comme les autres animants sa demeure constituée et en certains lieux bornée, où elle auroit passé la meilleure part et plus de son aage; toutesfois, estant jà abattue par la longueur de ses ans, et venant au point mortel, auquel elle prouvoit nous tous estre fardez ', n'estimant sa personne plus privilégiée qu'une autre, avoit délibéré (si Sa Majesté trouvoit cela honneste) pour le peu qu'elle disoit avoir à vivre, prendre desneshuy ses aises et du bon temps, attendu mesmement qu'elle avoit souffert autant ou plus que femme du quartier. En allegant la cause et fondement total de sa misère, disoit qu'elle avoit demeuré, par son commandement, aftnme Goûte, et en cette qualité, aux maisons des pauvres gens, où de grâce lui avoit daigné décerner sa demeure et assoir son domicile, auquel lieu avoit tant eu de mal, tant de calamités, que, s'il n'y donnoit ordre et de bref, elle estimoit que Goûte jamais n'auroit grand'vigueur; et, discou-