‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotiqueChapitre 191 sur 211 · Confins · texte numérisé non relu

Confins

2. Guy XVI, comte de Laval, baron de Vitré, gouverneur et amiral de Bretagne.

}u2 Contes et Discours

contremirant l'humeur de ce sainct collège de notables docteurs, fit plus le grossier et lourdaut, haussant sa ceinture à my-corps, frappant et jouant des doigts sur le pommeau de son espee, sublant ou sifflant (lequel que l'on voudra, ou tous deux) un chanson du pays fort harmonieusement. S'estant telle jeunesse amassée alentour de luy, comme un vendeur de theriaque ', les uns tiroient sa casaque, et tandis qu'il s'en vouloit défendre, un autre le tiroit par le costé. En toutes lesquelles fantasies et sages opérations il prenoit le plus grand plaisir qu'il pouvoit, toutesfois se desmarchant 2 il leur monstra un peu la dent, et que le jeu trop ennuyé 5 ne luy plaisoit: leur disant en langage de sa nativité, qui estoit leLambalois4 : Save quo li a, je vous taperé des soufflets, oay. Et bien, mon amy, luy demanda l'un d'eux, qui faisoit bien le suffisant, le quant à moy, et se cuidant bien valoir quelque chose par sus les autres, qui vous meine en ce pays ? Par ma fé, mon deux s amy, mon fiston 6,

i . Plus tard on a dit marchand d'orviétan. La theriaque était alors la panacée par excellence, même ailleurs que chez les charlatans. Il y avait la theriaque d'Andromaque et la theriaque de Mésué ou Diatessaron, dite aussi theriaque des pauvres. Je lis dans un vieux traité de médecine populaire que les paysans en faisaient comme une selle à tous chevaux et se guérissaient eux et leurs bêtes par son moyen de toutes leurs maladies.

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