ACTE I, SCÈNE XIII. 27 LE MARQUIS
Elle ^tait en larmes ?
l'épine.
Oui , cela m'a fait peine : elle a un petit air si doux ; si intéressant ! vous ferez bien de lui rendre service, si vous le pouvez.
LE MAIL QUI s.
Ah ciel !
l'é fine.
Qu'avez-vous donc, monsieur? Je ne vous ai jamais vu si agité.
LE HA RQUIS.
Mon pauvre TEpine , si tu savais combien je crains de la revoir !
l'é p INE.
Qui? mademoiselle Colette ?... Ah ! je commence à comprendre ; c'est une vieille connaissance que vous voudriez ne plus reconnaître. Tlé bien ! monsieur , rien n'est si aisé : quand elle reviendra , je lui dirai que vous êtes sorti.
LE MARQUI s.
Non , il serait affreux de me cacher. Je la verrai, je lui parlerai; elle sentira bien qu'il m'est impossible de désobéir à ma mère. Oui , mon ami , j'ai adoré Colttte j je lui ai promis de
a8 JEANNOT ET COLIN.
l'épouser : mais Colette est une simple bourgeoise; juge si ma mère consentirait jamais. . . l'Épine.
Madame votre mère ! Elle aimerait mieux vous voir mourir que de vous voir déroger. Mais écoutez , monsieur ; je crois qu'il y aurait manière de s'arranger. J'ai une morale qui m'a toujours tiré de par-tout : raisonnons. On ne risque jamais de mal faire en remplissant tous ses devoirs. D'après cela , n'épousez point mademoiselle Colette , parce que ce serait manquer à ce qu'un fils doit à sa mère : ensuite , pour réparer vos torts envers mademoiselle Colette, faites-lui partager votre fortune, donnez-lui une bonne maison ; en un mot . . .
LE MARQUIS
Taisez - vous. Je vous chasserais tout à l'heure , si vous connaissiez Colette.
l'épine.
Monsieur, je ne dis plus le mot ; mais quand mademoiselle Colette viendra, que lui dirai- je ?
LE M ARQU I s.
Je n'en sais rien ; venez m'habiller.