‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 2 sur 110 · SCÈNE IL COLIN, COLETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL COLIN, COLETTE

COLETTE

Vjomme tout ceci est magnifique! Jeannot ne nous reconnaîtra plus ; il est devenu trop riche pour se souvenir de ceux qui Tont vu pauvre.

COLIN

Il serait donc bien changé , ma sœur ; il était si bon , si sensible , lorsque nous habitions ensemble notre petite ville ! A peine y a-t-il un an qu'il nous a quittés ; il faut plus d'un an pour corrompre un coeur honnête.

COLETTE

L'amour aurait dû préserver le sien : mais il ne m'aime pins, j'en suis bien sûre. Te souviens-tu de la manièrç dont il me quitta lorsque sa mère l'envoya chercher en Auvergne ? Comme il fut enivré de sa nouvelle *ortune , et d'entendre ses domestiques l'appeler cuousieur le marquis ! Il nous dit adieu

ACTEI,SCÈNEir. 9

presque sans pleurer ; il monla dans sa brillante voiture sans retourner la tête vers moi que tu soutenais à peine , et dont les yeux le suivirent. . . . même quand je ne le vis plus. Mon frère , il a oublié la malheureuse Colette ! il ne pense plus aux sermens que nous nous sommes faits de n'être jamais que l'un à l'autre ; sermens qu'il a écrits , que je conserve ^ et que je lui rendrai : ces écritures-là perdent tout leur prix quand on ne les lix plus ensemble.

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