ACTE II, SCÈNE IV
COLETTE
Qu'ose2-vous rappeler!
LE MARQUIS
Nos sermens , notre amour ; cet amour si tendre , si vrai , qui nous enflamma dès l'enfance , sans lequel nous ne fîmes jamais un seul projet de bonheur. Souvener-vous , Colelte , de nos premières années , souvenez vous que les premiers mots que nous avons prononcés ont été la promesse de nous aimer toujours.
COLETTE
Hélas ! qui de nous deux y a manqué ?
LE MARQUIS
Ce serait vous , Colette , si vous m'abandonniez à présent , puisque je vous aime , puisqu^Je vous chéris plus que jamais. Le voudrie^"vous ? Parlez. Auriez - vous la force de me dire : Jeannot, je ne y.ous aime plus?
COLETTE
Ah! ces deux mots-là ne peuvent pas aller ensemble.
L E M A R Q U I S , à Colin.
Elle s'attendrit , mon ami ; demande-lui pardon pour moi.
( 0 se jette dans les Bras de Colin. ) COLIN, ému.
Ma sœur , il vient de m'embrasser comme il m'embrassait autrefois.
LE MARQUIS
Colette ! mon ami ? je suis encore digne de vous; je le sens aux transports de mon cœur. Ah ! le don d'aimer est un présent que le ciel ne fait qu'une fois. J'ai si souvent regretté les jours tranquilles que nous passions ensemble ! j'ai si bien éprouvé que le bonheur n'est que dans l'amour et dans l'obscurité !
COLIN
Mon ami , il ne tient qu'à toi d'p% jouir encore. Reviens chez nous, tu trouv^fR asser de malheun ux pour bien placer ton a>'gent, tu feras du bien ; nous t'aimerons : ce sera jouir à la fois du bonheur des pauvres et des riches.
LE MARQUIS
Plût au ciel que ma mère t'entendit ayee