LE MARQUIS, LA MARQUISE
AE MA&QUIS
i.VJ.A mère, je vous respecte , je vous honore; mais vous me percez le cœur, mais vous vous d<^gradez vous-même. Eh ! de quel droit osezvous mépriser mes amis , mes ëgaux , les vôtres? Quels sont vos titres, ma mère? Leur
naissaDce vaut la mienne^ et leur cœur vaut xnieus que le mien.
LA MARQUISE
Est-ce vous qui parlez, mon fils? Est-ce bien vous qui osez ... ?
Oui, ma mëre. j'ose vous dire que vos richesses ne sont rien , et que je les abhorre si elles donnent le droit d'être ingrat. LA MARQUISE.
Je t'entends : le voilà ce mystère que je craignais de découviir. Que vous étiez bien né pour l'état vil d'où ma tendresse vous a tiré ? vous en avez toute la bassesse. Vous aimez Colette , j'en suis sûre ; vous rougissez de me le dire : mais . . .
LE MARQUIS
Non , ma mère , non , je n'en rougis pas. J'aime Colette; je fais gloire de l'avouer ; mon amour pour elle est presque aussi ancien dans mon cœur que ma tendresse pour vous, r.'est en v^in que j'ai voulu l'éteindre y grâce au ciel, le peu de vertu qui me reste l'a emporté sur mon orgueil. J'ai promis à