ACTE III, SCÈNE X
LA MARQUISE
Vous , Colelle ! et c'est pour vous seule qu'il osait me désobéir ; c'est pour vous . . . COLETTE.
N'achevez pas , c'est lui que je veux croire. Oui , je suis sûre de ton cœur : et je ne te rends pas le mien ; jamais je n'ai pu le l'ôter. Ta Colette est aujourd'hui bieu plus heureuse que toi , puisque c!est elle enfin qui fera ton bonheur.
(Le marquû tombe à ses pieds , et se toutne vers Colin. ) LE MARQUIS.
Et loi , es-tu mon frère ?
COLIN l'embrasse.
Il y a long-temps, (a la Marquise.) Madame, nous étions destinés à ne faire qu'une famille; souffrez que votre fils épouse ma soeur, et que tout mon bien lui serve de dot.
LA MARQUISE
Ah ! Colin ! quelle vengeance ! et combien vous êtes au-dessus de moi !
COLIN
Vous vous trompez , puisque c'est vous qui éies malheureuse.
LE MARQUIS
Eh ! ma mère , dites donc bien vite que vous me donnez à Colette.
LA MARQUISE. '
Hélas ! mes enfans , c'est moi qui me donne à vous. Mais comment pourrai-je réparer jamais. ... ?
COLETTE
Ah ! ma mère , si vous saviez combien je vous dois pour le plaisir de vous appeler ma mère !
COLIN
J'ai ici de quoi vous acquitter avec vos créanciers. Nous donnerons à ta mère , mon cher Jeannot , ton patrimoine d'Auvergne; la dot de ta femme restera dans mon commerce, que je ne ferai plus que pour vous deux.
(a la marquise.) ApproUVez-VOUS CC qUC je lui
propose ?
LA MARQUISE
Je vous devrai , Colin , bien plus que vous
ne pensez ; vous m'avez appris que le bonheur
n'est pas dans la vanité , et que la vertu seule
vient au secours de l'infortuue.
LES JUMEAUX DE BERGAMEj