S C È IS E V
ARLEQUIN CADET, «m, ( Il chante. )
JL OUJOURS joyeux , toujours coaCcnF,
Je sais braver la miaère ;
Pour la rendre plus légère ,
Je la supporte en chantant.
SouTent la vie est importune :
J'ai mon fardeau , chacun le sien :
Ma gaîté , voilà ma fortune ; Ma liberté , voilà mon bien.
D'un an de peine et de chagrin Un court plaisir me dédommage ; Quand je suis au bout du voyage , Je ne songe plus au chemin.
Du sort je crains peu 1 inconstance j Tantôt du mal, tantôt du bien; Travail , repos , plaisir , souffrance ; Je ne refiue jamais rien.
J'ai beau chanter , je ne peux pas oublier que je meurs de faim. Mais il faut que mou frère soit fou ; il m'écrit à Bergame de venir le joindre à Paris , et il oublie de me donner son adresse. J'ai déjà demandé à plus de cent
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personnes où "demeiiie monsieur Arlequin j, domestique ; ils me répondent tous par des éclats de rire. On aime beaucoup à rire dans ce pays-ci. Uh ! je rirai aussi , moi , mais quand j'aurai dîné. On a beau dire que l'on s^accoutume à tout ; voilà plus de trois jours que j'ai faim , et je ne peux pas m'y accoutumer. Allons, du courage; peut-être ferai-je fortune ici ; je montrerai l'italien , je sais jouer de la guitare , voilà de quoi se pousser dans le raoode. D'ailleurs, j'ai ouï dire q\i*en France on préfère toujours quelqu'un de médiocre, quand il est étranger , à un homme de mérite qui n'est que du pays ; je suis étranger ; je ferai fortune. En attendant , je voudrais bien trouver mon frère. Il me vient une idée ; je v:iis frapper à toutes les portes que je verrai; je finirai sùiement par trouver mon frère Voyons , commençons par celle-ci. (il Trappe à la poite de Rojctte. Rosette vient deitièi*
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