SCENE VIII
LA MARQUISE, DURVAL.
â X A M ARQU I SE.
0 £ VOUS croyais sorti , monsieur Durval.
D U RVAL.
Je n'ai pas voulu suivre monsieur le mardis , de peur que madame n'eût besoin de moi pendant ce temps-là.
LA MARQUISE
J'ai toujours besoin de vos conseils , vous le savez bien : depuis que je vous ai confié l'éducation de mon fils , je n'ai rien fait sans votre avisj heureusement pour moi.
l5 JEANNOT ET COLIN.
Mon 2ële et mon attachement m*ont tenu lieu de lumières.
LA MARQUISE
J'ai un grand secret à vous confier. Je vais marier le marquis. Vous savez combien je suis liëe avec la comtesse d'Orville ; c'est une veuve, jeune, jolie, et d'une des premières tnaisons du royaume ; elle est cousine du ministre. Madame d'Orville , par amitië pour moi , et pour achever de liquider ses biens , dpouse le marquis , et lui apporte pour dot la promesse d'un régiment. J'ai conclu hier ce mariage. Vous ne pensez pas que moft fils y ait la moindre répugnance?
DURVAL.
Madame , je craindrais que le mot de mariage n'effrayât son goût trop vif pour l'indépendance et la dissipation : mais le plaisir d'être colonel l'emportera sur tout.
LA MARQUISE
Je l'espère , monsieur Durval. Ce n'est pas la seule affaire qui m'occupe : avez-vous été chez mon avocat?