ACTE I , SCÈNE IV. i6r
BL A9CHC.
Mais , Colin , vous mêlez nn outrage A des discours qui séduiraient mon cœur. Je vous le dii avec douceur : Cet esprit inquiet , soupçonneux et sauvage ,
Ne peut faire que mon malheur; Il faut y renoncer.
COLIK.
J'entends trop ce langage.
Tout déplaît dans celui que l'on cesse d'aimer ; Mes défauts n'étaient rien quand je sus vous charmer. Souvenez-vous combien vous étiez différente; Mes plaisirs , mes chagrins , tous vouliez tout savoir :
J'étais sûr, en allant vous voir.
De trouver près de vous l'amitié consolante. Vous aimiez tant à pénétrer Dans ma plus secrète pensée !
Et si j'étais jaioux, loin d'en être blessée,
Le plaisir de me rassurer L'emportait sur la peur de vous voir offensée. Mais aujourd'hui vous voulez me trahir : Vous cherchez un prétexte , et votre ame légèie Ne vent exciter ma colère Que pour avoir le droit de m'en punir. Épargnez-vous une peine cruelle; Lorsque l'on peut être infidelle , On doit le àixe saixs rougir.
l6a BLANCHE ET VERMEILLE.
BLANCHE
Hé bien, Colin, pourquoi tant de faiblesse ?
Oubliez un objpt trop peu digne de vous; En me délivrant d'un jaloux, En cherchant une antre maîtresse,
Votre sort et le mien n'en seront que pitis doux.
Je suivrai vos conseils, et des demain peut-être....
BLANCHE
Dès aujourd'hui , vous en êtes le maître. DUO.
COLIN
Adieu , perfide , pour jamais.
BLANCHE
Adieu, Colin ; bon voyage.
COLIN
Adieu , perfide ; adieu , volage :
Oui , je vous quitte sans regrets.
B L ANCHE
Mais partez donc.
COLIN
Oui , je m'en v*is,
BLANCHE
Mais partez donc.