‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 153 sur 259 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

MÉLISSE

Envers mon frère Sa conduite est vraiment admirable, ma chère. C^est là de Phéroïsme , et d'un si noble trait L'auteur doit être honnête. . .

LISE

Honnête , et très-bien fait.

Allons , Madame , il faut être reconnaissante : Cela ne va pas mal pour l'aimable Dorante.

MÉLISSE

Comment à son égard jamais nous acquitter ?

LISE

Quel de vos diamans me faut-il lui porter ?

Mon frère va trop vite , et sa chaleur l'emporte Jusqu'à connaître mal les gens de cette sorte. Dorante est malheureux ; il faut le secourir ; Mais c'est peu de donner , si l'on ne sait offrir. Un premier don oblige un homme de mérite ; Le second l'importune , et lé reste l'irrite ; Craignons d'humilier un cœur si généreux.

Je lui veux envoyer , par un choix plus heureux , Quelques-uns de ces riens qu'on offre aux gens qu'on aime, Qu'on donne sans scrupule , et qu'on reçoit de même , Des choses dont , sans doute, il manque en sa prison.

LISE

Cela vaudra bien mieux , et vous avez raison ; C'est un moyen encor d'avoir de ses nouvelles.

MÉLISSE

Viens ; tu vas te charger de quelques bagatelles Que tu lui porteras... Mais qu'est-ce que j'entends ? Eh ! monDieu ! c'est Ariste ! ... il prend fortbienson teiûs.

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