ACTE II, SCÈNE V
MÉLISSE
Lucrèce n'est pas loin ; en courant après elle Vous la rejoindriez.
ARISTE
Vous me cherchez querelle.
C'est bien £sdt de gronder, quand soi-même on a tort. De peur d^étre accusée, on accuse d^abord; Nous connaissons cela.
MÉLISSE
Quoi ? que youlez-yous dire ?
ÂRISTE.
Ôh ! rien. Mais je m'entends.
Votre malin sourire Ne me plaît pas du tout , je vous en avertis.
▲ RISTE.
J'en suis fiché, Madame ; en tout cas ,' si je ris, Ce n'est point par gaité , d'après ce qui passe...
MÉLISSE
Que se passe-t-il donc ?. . .
ARISTE
Répondez^moi , de grâce; Qu'a fait ce matin lise ; et pour quelle raison Est-elle , par votre ordre , allée à la prison ?
MÉLISSE
De quel droit, s'il vous plaît, cet interrogatoire?
ARISTE
Mes yœuxyotts sont connus ; dès long-tems j'en fais gloire; J'aspire à votre main.
MÉLISSE
Et pour la mériter, Vous yons diyertissez à me bien. tourmenter. ^
ARISTE
Non ; mais ëclaircissez seulement ce mystère.
MÉLISSE
Pour de très^bons motifs, Monsieur , je dois me taire, Et votre jalousie...
Eh bien !... quand je serais Jaloux ayant l'hymen, pour ne pas l'être après .'^...
MÉLISSE
Vous le seriez toujours ; de yous tout me le prouye , Et sans amour encor ; c'est le pis que j'y trouye.
ARISTE
Tenez , sans prolonger tous ces petits débats , Répondez franchement et ne yous fâchez pas.