‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 155 sur 259 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

MÉLISSE

Lucrèce n'est pas loin ; en courant après elle Vous la rejoindriez.

ARISTE

Vous me cherchez querelle.

C'est bien £sdt de gronder, quand soi-même on a tort. De peur d^étre accusée, on accuse d^abord; Nous connaissons cela.

MÉLISSE

Quoi ? que youlez-yous dire ?

ÂRISTE.

Ôh ! rien. Mais je m'entends.

Votre malin sourire Ne me plaît pas du tout , je vous en avertis.

▲ RISTE.

J'en suis fiché, Madame ; en tout cas ,' si je ris, Ce n'est point par gaité , d'après ce qui passe...

MÉLISSE

Que se passe-t-il donc ?. . .

ARISTE

Répondez^moi , de grâce; Qu'a fait ce matin lise ; et pour quelle raison Est-elle , par votre ordre , allée à la prison ?

MÉLISSE

De quel droit, s'il vous plaît, cet interrogatoire?

ARISTE

Mes yœuxyotts sont connus ; dès long-tems j'en fais gloire; J'aspire à votre main.

MÉLISSE

Et pour la mériter, Vous yons diyertissez à me bien. tourmenter. ^

ARISTE

Non ; mais ëclaircissez seulement ce mystère.

MÉLISSE

Pour de très^bons motifs, Monsieur , je dois me taire, Et votre jalousie...

Eh bien !... quand je serais Jaloux ayant l'hymen, pour ne pas l'être après .'^...

MÉLISSE

Vous le seriez toujours ; de yous tout me le prouye , Et sans amour encor ; c'est le pis que j'y trouye.

ARISTE

Tenez , sans prolonger tous ces petits débats , Répondez franchement et ne yous fâchez pas.

Page 1