‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 168 sur 259 · ACTE ni, SCÈNE V. ii · texte numérisé non relu

ACTE ni, SCÈNE V. ii

Dont il est mal-aisé de s'acquitter jamdis.

Du moins , si Pamitië par Tamitië se paie ,

Ce coeur qui vous doit tout vous en rend une vraie;

La vôtre la devance à peine d'un moment;

Elle attache mon sort au vôtre également,

Et Ton n'y trouvera que cette différence ,

Qu'en vous elle est faveur, en moi reconnaissance.

M'appelez point faveur ce qui fut un devoir.

Entre les gens de coeur il suffit de se voir. Par un effet secret de quelque sympathie, L'un à. l'autre aussitôt un certain nœud les lie ; Chacun d'eux sur son front porte écrit ce qu'il est ; On s'inspire , on se prouve un égal intérêt.

CLÉAIïDRE.

Vous m'honorez beaucoup; mais pour vous satisfaire,

Sachez en quel état se trouve notre affaire.

Vous sortirez bientôt , et peut-être demaiji ;

Mais un si prompt secours ne vient pas de ma main ;

Quelques amis d'Ariste en ont trouvé la voie;

J'en dois rougir de honte au milieu de ma joie ;

Et je ne saurais voir^ sans en être jaloux ,

Qu'il m'ôte les moyens de m'employer pour vous.

Je cède avec regret à cet ami fidèle ;

S'il a plus de pouvoir, il n'a pas plus de zèle;

Et vous m'obligerez, en sortant de prison ,

De me faire l'honneur de prendre ma maison.

Je n'attends pas le içms de votre délivrance,

Dans la crainte qu^ Aiiste encor ne me devance ; Comme il m^6te aujourd'hui Tespoir de vous servir, Vous loger est un bien que je lui veux ravir.

Vous me faites honneur par cette offre obligeante ; Je vois qu'à l'accepter il faut que je consente.

CLÉANDRE

Je viendrai vous chercher, quand vous pourrez sortir ;

Nous tâcherons alors de vous bien divertir.

De vous faire oublier Tennui que je vous cause.

Auriez-vous , par hasard , besoin de quelque chose ?

Vous êtes voyageur, et pris par des sergens;

Et quoique ces messieurs soient fort honnêtes gens,

II en est quelques-uns...

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