UNE PRÊTRESSE
Qui vous amène aux pieds de nos déesses?
Quels sont vos yœux ? Parles,
/ Belles prétresses y
Anaximandre aux Grâces a recours, Et son bonlîeur dépend de leur secours.
Vous le$ servez; , rendez-les-moi propices ; Obtenez-moi leurs faveurs protectrices : J^ai trop long-tems, hélas! pour mon malheur, Fui leurs autels et leur culte enchanteur ; Sur leurs bontés pourtant je compte encore :
Je veux fléchir un objet que j^adore , Et je leur viens demander à genoux Le don de plaire à cet objet si doux.
LA FRETRESSEit
Eh ! quoi ! . . . . c'est vous , austère Anaxîmajidre ?
Vous , amoureux \ Je vous trouve un air tendre ;
Un feu plus doux dans vos yeux est entré :
Ainsi l'Amour change tout à son gré.
Les Grâces vont achever le prodige ; De leurs attraits l'invincible prestige Toujours senti, toujours mal imité ^^
4o ANAXIMANDRE.
Est plus touchant y plus beau que la beauté.
A leur empire on ne peut se soustraire ; Suiyez-moi donc , venez apprendre à plaire.
De nos leçons , initié discret , Profitez bien; mais gardez le secret.
Ne craignez point des épreuves pénibles :
Vous connaîtrez des mystères paisibles , Doux, enchanteurs, réglés par les plaisirs, Et le succès passera vos désirs.
A vos bontés, plein d^espoir je me livre.
LA PRÉTRESSE.
Venez, entrons; votre ami peut nous suivre.
( A Phrosine. )
Vous , demeurez ; il suffît d^un témoin , Et de nos dons, vous n'avez pas besoin.