‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 18 sur 259 · UNE PRÊTRESSE · texte numérisé non relu

UNE PRÊTRESSE

Qui vous amène aux pieds de nos déesses?

Quels sont vos yœux ? Parles,

/ Belles prétresses y

Anaximandre aux Grâces a recours, Et son bonlîeur dépend de leur secours.

Vous le$ servez; , rendez-les-moi propices ; Obtenez-moi leurs faveurs protectrices : J^ai trop long-tems, hélas! pour mon malheur, Fui leurs autels et leur culte enchanteur ; Sur leurs bontés pourtant je compte encore :

Je veux fléchir un objet que j^adore , Et je leur viens demander à genoux Le don de plaire à cet objet si doux.

LA FRETRESSEit

Eh ! quoi ! . . . . c'est vous , austère Anaxîmajidre ?

Vous , amoureux \ Je vous trouve un air tendre ;

Un feu plus doux dans vos yeux est entré :

Ainsi l'Amour change tout à son gré.

Les Grâces vont achever le prodige ; De leurs attraits l'invincible prestige Toujours senti, toujours mal imité ^^

4o ANAXIMANDRE.

Est plus touchant y plus beau que la beauté.

A leur empire on ne peut se soustraire ; Suiyez-moi donc , venez apprendre à plaire.

De nos leçons , initié discret , Profitez bien; mais gardez le secret.

Ne craignez point des épreuves pénibles :

Vous connaîtrez des mystères paisibles , Doux, enchanteurs, réglés par les plaisirs, Et le succès passera vos désirs.

A vos bontés, plein d^espoir je me livre.

LA PRÉTRESSE.

Venez, entrons; votre ami peut nous suivre.

( A Phrosine. )

Vous , demeurez ; il suffît d^un témoin , Et de nos dons, vous n'avez pas besoin.

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