ACTE IV, SCÈNE IV. 3i
On me nomme Mélisse , et je puis vous apprendre , Qu 'aimant uniquement mon frère ...
Eh ! quoi ! Clëandre N^est pas yotre niari ?
, ( A Lise. )
Que me disais-tu là ?
LISE
Je ne vous ai rien dit; vous supposiez cela.
I^ÉLISSE.
Ce que nous vous devons explique ma conduite;
En générosité par vous je fus instruite.
De vos rares bienfaits ne pouvant m'acquitter,
J'ai voulu seulement un peu vous imiter.
Mon frère obtint de vous un appui secourable...
Mais il veut qu'à mon tour je lui sois redevable ; Et lorsqu'auprès de vous il m'amène aujourd'hui , Il fait bien plus pour moi que je n'ai fait pour lui. Cependant achevez, Madame, de m'instruire; Vous connaissez mes vœux , et le but où j'aspire : Dois-je craindre un obstacle à cet espoir si doux ?
MELISSE.
L'obstacle pourrait bien ne venir que de vous.
De moi !... Ce seul penser me serait un outrage. De votre part daignez m'instruire davantage ; Etes-vous libre encore î ou le destin jaloux . . «
3i4 LA SUITE DU MENTEUR.
MÉLISSE
Après trois mois d'hymen je perdis mon ëpoux. Je suis depuis deux ans et veuve et ma m^dtresse.
J'ose donc espérer le prix de ma tendresse.
MÉLISSE
Doucement. Je voudrais , sur un sujet pareil , D'une excellente amie en croire le conseil ; Je la connais prudente aussi bien que sincère ; Je l'aime tendrement et je lui suis bien chère : C'est par ses sentimens que je veux me guider.
DORAliTE.
Mais une autre pour vous doit-elle décider?
Et pourra-t-elle enfin mieux que vous me connaître ?
MÉLISSE
Mais elle vous connaît déjà beaucoup , peut-être.
Qui ? moi ?. . . Comment cela ?
MÉLISSE
Consentez à la voir.
DORAI^TE.
De vous complaire en tout je me fais un devoir. Mais, de grâce, à quoi bon?...
MÉLISSE
En un mot, je l'exige.
En ce cas...