ASPASIE, PHROSINE
ÂSPÂSIE.
Eh bien ! est-il encor fort en colère ?
FHROSINE.
Que je t'apprenne; écoute-moi, ma chère.
ASPASIE
Comme il grondait! vraiment, il m'a fait peur. Il i^ut te dire —
ASPASIE
Aussi 9 c'est vous , ma sœur ; Auriez -vous dû ? ... .
PHROSINE
Bon , bagatelle pure.
Mais saîs-tu bien une grande aventure ?
Tout change ici : tu vas , dans un moment , A tes genoux voir un nouvel amant.
ASPASIE
Un autre amant ! vous vous moquez encore !
PHR0SI19E.
C'est un ami du galant Mélidore ,
Un philosophe , et qui pourtant, dit-on ,
Joint Part de plaire au don de la raison.
Ce n^est plus là le brusque Anaximandre ,
Toujours grondant , toujours prompt à reprendre,
Par son abord effarouchant les jeux ,
Se donnant Tair encor d'être amoureux;
Sage manque , prétendu philosophe ,
Au fond , savant d'une très-mince étoffe...»
ASPASIE
Ah ! juste ciel! que dites- vous, ma sœur!
Vous le traitez avec trop de rigueur; Vous rinsultez , ce sage qui nous aime , Vous, qui souvent m'avez vanté vous-même Et ses vertus que Ton doit respecter, Et ses bienfaits qui nous font subsister.
Combien de fois je vous ai rencontrée Tout attendrie et l'ame pénétrée De quelque trait de cet homme si grand!
Vous en parliez avec ravissement , Vous le nommiez un véritable sage.
C'était du cœur que partait ce langage.
Pourquoi changer aujourd'hui de discours ?
Ce qu'il était , ne Test-il pas toujours ?
Âh ! croyez-moi , quoi que vous puissiez dire ^ !Notre bonheur est tout ce qu'il désire.
PHROSIl^E.
Eh! mais.... tu prends la chose au sérieux; Cet autre amant te conviendra bien mieu]^^ II faut le voir.