ACTE IV, SCÈNE IX
Sais-ttt que pour mentir ton maltrç a du talent ?
CLITON
Comment ? Lise , tu crois ?
LISE
Tout ce quMl en faut croire ?
Il me parait fonnë pour écrire l'histoire.
CLITON
Il s'en tirerait bien : c'est un homme d'esprit.
Qui ne met pas deux mots de vrai dans ce qu'il dit.
CLITON
Tu l'offenses.
LISE
Cliton l'imite , je parie.
Tu prétends ayoir (ait voyage en Italie ?
CLITON
Sans doute.
LISE
Qu'as-tu vu ?
CLITON
J'ai vu... ce qu'on y voit.
LISE
A Rome , par exemple ?
CLITON
Ah ! c'est un bel endroit.
LISE
Par de pareils détours ne crois pas qu'on m'échappe ; A Rome , qu'as-tu vu ?
CLITON
Pardi t.. . j'ai vu le Pape.
LISE
Tu ttiens, Cliton; crois-moi, ne va pas te jouer...
CLITON
Ma foi, ma pauvre enfant, il faut te Tavouer, Sans plus me fatiguer à battre la campagne :
C'est que l'exemple agit , et que le mal me gagne.
LISE
Dorante est donc menteur.*^
CLITON
Il Test , mais à tel point , Que moi, qui le connais, je ne m'en gare point! Il ment à chaque instant , sans besoin et sans peine , Afin de se tenir seulement en haleine ; D'ailleurs gai , libéral , brave , spirituel , Cet unique défaut gâte un beau naturel.
LISE
C'est sans mentir, au moins , qu'il aime ma maîtresse ?
CLITON
J'en réponds. Il te faut, déployant ton adresse , Servir nos feux près d'elle et la persuader.
L'intérêt et l'amour doivent t'y décider.
LISE
L'amour ?. . . Que veux-tu dire ?
Eh ! oui, tu sais, je pense,