‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 205 sur 259 · ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I

Lucrèce, ton amie, eut sujet de s'en plaindre.

Elle le pense, au moins, et Taccuse de feindre; Elle peut se tromper. Soyez bien rassure :

Mon frète, plus que moi, c'est vous que j'en croirai. Mais j'attends à mon tour une autre confidence : N'avez-vous rien à craindre ? Est-il quelque espérance ?

CLÉANBKE.

Je ne te cache rien de mes chagrins secrets.

Je ne suis pas content. La visite qu'exprès

Hier Dorante et moi nous fîmes chez Ariste ,

N'a fait que me laisser l'ame inquiète et triste;

Ce juge , après avoir écouté jusqu'au bout ,

M'a paru n'être point persuadé du tout.

Mais un autre incident, bien plus fâcheux, peutrêtre.

Va guider la recherche et me faire connaître :

Deux hommes qui de loin ont vu notre combat ,

Sont cités ce matin devant le magistrat.

Je sors pour m'informer. . . Je vois venir Lucrèce.

MÉLISSE

Revenez promptement rassurer ma tendresse.

CLÉXl^BRE.

Consulte cette amie , et sur-tout souviens-toi Que l'hymen , sans retour, engage notre foi ; Qu'avant de se lier, il faut se bien connaître , Et ne point s'imposer des repentirs peut-être. Adieu , ma sœur.

MÉLISSE

Adieu. 'Pour choisir un ëpoux , Je vous Tai déjà dit , je n'en croirai que vous.

Page 1