‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 221 sur 259 · SCÈNE L 3G · texte numérisé non relu

SCÈNE L 3G

Mon pauvre maitre , hëlas ! je Taime et le rëvère , Entendez-vous ? autant que si c'était mon père ; Et tant que je vivrai , me vint-il des trésors , . Je resterai chez lui , s'il ne m'en met dehors. Mais je n'en ai pas peur ; car je sais bien qu'il m'aime ; Aussi voilà seize ans , arrive le carétne , Que je suis chez Monsieur, et ce n'est pas un jour. Ce soir, de sa santé pour fêter le retour.

Je vous ferai donc bonne chère.

CHAPELLE

Je promets au souper de iaire honneur, ma chère. Aujourd'hui je n'ai pas diné.

LA FORÊT

Ah! mon dieu!... si vous vouliez prendre Quelque chose ?

CHAPELLE

Moi? non, je cviAs pouvoir attendre.

LA FORÊT

Comme vous entriez, six heures ont sonné.

CHAPELLE

Oui; mais jusques à cinq nous avons déjeûné.

LA FORÊT

Ah ! vous me rassurez.

Sais-tu , ma chère amie , Qu'au cabaret j'étais en bonne compagnie ?

Un comte , deux marquis, à la cour bieir venus. •«• Nous ayions fait gageure à qui boirait le plus.

LA FORÊT

Et votts Tarez gagnée ?

CHAPELLE

Assurément, ma chère ; Et tu vois quMl n'y parait guère.

Prêt à recommencer.

LA FORÊT

Oh! yraiment, aujourd'hui.

A souper, vous allez faire encor pis, je gage.

CHAPELLE

Tu dis comme ton maître!... Il veut me gâter!... Oui,

Me rendre sobre comme lui!

Il est toujours au lait ! c'est un triste breuvage ! Un poète!... du lait ! fi donc! fi! quel travers ! Ce n'est que dans le vin qu'on trouve les bons vers. Ma dernière chanson ! elle est vraiment charmante.

(Il prélude. ) •

Tiens , veux-tu que je te la chante ?

Ton maître n'a point fait de vers plus délicats.

Vous! égaler mon maître ? Ah! ne l'espérez pas. Vous y brûleriez tous vos livres.

Je m'y connais , allez , et j'ai le sens commun. Il fait de meilleurs vers à jeun, Que vous tous , quand vous êtes ivres.

CHAPELLE

Eh ! ne te fâche pas; je sais tout ce qu'il vaut; Oui, qu'il devienne ivrogne, il sera sans défaut.

Page 1