‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 252 sur 259 · SCÈNE XVI. 4i · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI. 4i

Pour cela , je songe à finir

'Mon poëme du FaUde-Grâce.

Reprenons-le. — Voyons. — De mon illustre ami J'ai peint les nobles traits dans les vers que voici : « Les grands hommes , Colbert , sont mauvais courtisans ^ » Peu faits à s'acquitter des devoirs complaisans; » A leurs réflexions tout entiers ils se donnent , » Et ce n'^st que par-là qu'ils se perfectionnent. M L'étude et la visite ont leurs talens à part. » Qui se donne à la cour se dérobe à son art. M Un esprit partagé rarement s'y consomme ; »> Et des emplois de feu demandent tout un homme. » * Monsieur Colbert , je pense , entendra ce discours ; Je lui pourrai donner ces vers sous peu de jours; Là, du dôme nouveau j'ai vanté la merveille,

Sur-tout la fresque de Mignard , Admirable travail, vrai chef-d'œuvre de l'art —

LA P019TAI19E, qui s'est émlU.

M'y voici. Je les tiens.

MOLIÈRE

La Fontaine s'éveille !

LA FONTAINE

Je me sens inspiré.

MOLIÈRE

Je crois qu'il &it des vers !

* Vers du poëme du F'al-de-Grdee, de Molière.

4i6 MOLIÈRE AVEC SES AMIS.

LA FOI^TAINE

Hier dans les grandeurs! aujourd'hui dans les fers! « Uhumble toit est exempt d'un tribut si fiineste : ^ » Le sage y vit en paix , et méprise le reste ; *

M Content de ses douceurs y errant parmi les bois , » Il regarde à ses pieds les fayoris des rois... »'

( La FomuiM te taît un moneat )

MOLIÈRE

Âb ! ne laissons pas échapper Ces Ters que sa facile yeine Produit 6ans travail et sans peine ;

Je ne crois plus mes vers dignes de m' occuper, .

Quand je peux recueillir ceux que fait La Fontaine.

(Il met de c6t^ son poSme , et copie les vert que La Fontaine licite. ) LA FONT AI NE y J*» r«ntiwwiasme «t comme nn poète qui compose

fc Content de ses douceurs, errant parmi les bois,

» Il regarde à ses pieds les favoris des rois;

» Il lit au front de ceux qu'un vain luxe environne ,

» Que la fortune vend ce qu'on croit qu'elle donne.

M Approche-t-il du but i* quitte-t-il ce séjour?

» Rien ne trouble sa fin; c'est le soir d'un beau jour. ^

■ MOLIÈRE, aprts a?otr copié ces vert.

Ah ! mon ami , quels vers ! . . . quel Dieu te les inspire ?

LA FONTAINE

Ah ! te voilà , Molière ? ... eh ! oui , dans cet instant , J'ai fait là quelques ters.

. ♦ Vers de PhiUmon ef Baucis, de La FoQtaine.

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