‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 257 sur 259 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

MIGNARD

C'est un grand bonheuf, ce me semble, De nous être à tems ravises !

MOLIÈRE

Un court sommeil vous a quelque peu dégrises ; Je le vois.

CHAPELLE

Sur ma foi ,«ce serait grand dommage Que des gens comme nous prissent un tel parti ! Quel chagrin au Parnasse on en eût ressenti!

DESPRÉÂUX.

Molière a pour nous ëtë sage !

LULLI

Hé! sans lui la musique allait faire naufrage!

LA FONTAINE, à Lulh'.

Fripon , tu nous aurais quittés dans le cheinin.

CHAPELLE

Ne nous pressons pas trop de faire l^yoyage ; Remettons le départ toujours au lendemain.

LULLI

Mais sur-tout le trépas nous serait bien précoce.

Quand nous sommes tout près de danser à la noce.

' MIGNARD

A la noce ? et de qui ?

LULLI

La voyez-vous rougir,

Notre petite jardinière ?

C'est elle qui bientôt nous donne ce plaisir*

moIiIèhe.

Il est vrai , mes amis ; au grë de mon désir La mère dlsabelle , accueillant ma prière , Vient de combler mes vœux, et veut biep consentir...

lap fontaine.

Je fais mon compliment à madame Molière.

ISABELLE

Avec. transport je le reçoi.

Je sens combien ce nom est glorieux pour moi ; Et.de le porter je suis fière.

DESPR^AUX.

Nous voilà réveillés , et pour toute la nuit ; Tiens, Molière , à présent , lis-nous ta comédie.

MOLIÈRE

Non , mes amis , non pas à présent , je vous prie ;

Allons ce soir nous mettre au lit.

Demain vous sere* mieux en état de m'entendre. Mais de cette soirée au moins souvenez- vous. Gardez-vous par le vin de vous laisser surprendre , Et de former jamais des projets aussi fous.

LA FONTAINE

Il est vrai; c'est une folie Dont peut-être après nous un jour on parlera.

Mais voici ce qu'on en dira :

Molière avait souffert cruelle maladie;

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